LE MONTÉNÉGRO : TRÉSOR DES BALKANS

Pays de pierres, d’eau et de verdure, le Montenegro a su garder sa beauté sauvage.Des parcs nationaux, aux célèbres Bouches de Kotor, des lacs de montagne en passant par la côte et ses villages de pêcheurs tout y est envoûtant.

Petit pays au peuple fier, le Montenegro est grand comme… la Bretagne. Niché entre la mer adriatique à l’ouest et les forêts des Balkans à l’est, il offre aux voyageurs une immersion dans une nature incroyablement préservée. 50% de son territoire est totalement inhabité et la moitié des 650 000 monténégrins habitent Podgorica. Cette ville martyre, qui a failli être rayée de la carte par les bombardements de 1944 – il ne restait plus qu’un pont, une maison et un clocher – ressemble plus à une ville de province qu’à une capitale. En traversant sa plaine, la Zeta, en direction des parcs nationaux, il est rassurant de voir qu’il existe encore un pays où l’harmonie règne entre l’homme et la nature.

Les parcs nationaux représentent 49% du Monténégro

Le meilleur point de départ pour la visite des parcs est la station de Kolasin. Nichées dans le massif Bjelasica à 954 mètres d’altitude, son climat sain, ses chalets typiques et sa proximité avec les parcs, en fond un spot très prisé. Séjourner au Bianca Resort & Spa, ravira les amoureux de la nature. Cosy et luxueux, le complexe s’inspire des pavillons de chasse et propose des chambres avec vue sur les forêts de pins et les montagnes.

Il ne faut que trente minutes pour rejoindre le parc Biograska Gora. Plus petit parc du pays, il abrite l’une des dernières forêts primaires d’Europe. L’histoire dit qu’ému par tant de beauté le roi Nicolas 1er ordonna en 1878 de protéger le site. La sérénité qui y règne, invite aux promenades autour de son lac. Mais attention, les rangers de la réserve, qui accueillent loups et ours, aiment à raconter qu’en y flânant, il n’est pas rare de tomber sur des oursons égarés.

Plus au nord, le parc Dumitor, littéralement « le géant qui s’est endormi », est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Sur 40000 hectares, il abrite cinq canyons et 17 lacs glaciers dont le plus célèbre est le Lac Noir, appelé « les yeux de la montagne ». Nom qu’il doit à sa forme en ailes de papillon et au reflet des sommets et des pins qui l’entourent. Les amateurs de randonnées seront conquis par ses sentiers balisés.

Dans la zone des parcs se trouve la rivière Tara, surnommée la « larme de l’Europe », qui après 140 km de dénivelé se jette en Bosnie. Ses gorges sinueuses aux eaux turquoises séduisent les amateurs de rafting, de kayak ou de canoë. Pour prendre la dimension de son canyon, il faut la surplomber du Pont Djurdjvisa qui l’enjambe de ses 140 mètres.

Au Monténégro, la mer affronte les montagnes

 

Les bouches de Kotor, le fjord monténégrin, en sont la meilleure illustration. Le fjord est une petite merveille. A lui seul il justifie un voyage au Montenegro. Ce patrimoine naturel, mêlant mer et montagne, est d’une beauté sauvage à couper le souffle, qu’il faut découvrir en croisière.

La baie de 30 km est composée de quatre golfes intérieurs, Kotor, Tisan, Perast et Tivat. Plus petite municipalité des Bouches de Kotor, Tivat a été occupées par les Vénitiens pendant 400 ans et la villégiature des familles nobles de Kotor. Elle accueille aujourd’hui Portomontenegro, la plus grande marina du pays.

A quelques encablures se trouvent deux îles, l’île Saint Georges, du nom du saint patron du pays et l’île Notre Dame du Rocher. La légende dit que des pêcheurs de la ville de Perast auraient trouvé à cet endroit une icône de Marie tenant Jésus dans ses bras. Après l’avoir ramenée chez eux, un cousin atteint d’une grave maladie, guérit miraculeusement. En remerciement à Marie pour ce miracle, ils ont construit, à l’endroit de la découverte, une île artificielle, en forme de bateau où trône une église de style baroque au dôme de cuivre bleu comme la mer. Si l’icône n’a jamais été retrouvée, une reproduction trône au-dessus de l’hôtel de l’église qui depuis est devenu un lieu de pèlerinage. Une fois poussée la porte de bronze de 1000 kg, on découvre près de 2000 ex-voto et 68 peintures, réalisées par un peintre monténégrin, qui racontent la vie de Marie et l’ancien testament.

L’autre étape incontournable est bien sûr Kotor. Une fois passées ses remparts, par l’une des trois portes de la ville, on ouvre une page importante de l’histoire du Montenegro. Ville vénitienne construite entre le 12e et le 14e siècle, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. En flânant dans ses ruelles et de place en place, on découvre de nombreux monuments comme la cathédrale Saint-Triphon du 12e siècle et la tour de l’horloge du 17e. Détruite en grande partie par un séisme en 1979, la ville a été reconstruite à l’identique. Les plus courageux graviront les 1400 marches des remparts vers la forteresse Saint-Ivan pour avoir une vue panoramique sur la ville et la baie.

Un pays tourne vers l’adriatique

Si le pays est un véritable écrin de verdure, il est aussi résolument tourné vers l’adriatique.
Un arrêt à Lustica Bay, est la promesse d’une expérience dédiée au luxe. Cette nouvelle ville, présentée comme le nouveau Monaco, accueille 7 hôtels, un golf 18 trous, deux marinas, et des appartements de prestige.


Mais si Lustica Bay symbolise le nouveau visage du tourisme monténégrin, la curiosité de la côte est incontestablement Sveti Stefan. Cet ancien village de pêcheurs fortifié, posé sur un petit îlot rocheux, date du 15e siècle. Une situation exceptionnelle qui a causé l’expropriation de ses habitants par Tito dans les années 70. Son projet était d’en faire l’hôtel le plus cher des Balkans. L’île est aujourd’hui louée par l’état à la chaîne Aman Resort qui y développe un hôtel 5*. Un site d’exception où acteurs, footballeurs, tennismen viennent en quête de luxe et de quiétude. Pour la petite histoire, Robert de Niro a ouvert juste en face un restaurant, le Nobu.

Aux portes de l’Albanie

La ville la plus au sud du pays est Ulcinj. A la frontière avec l’Albanie, sa vieille ville, qui a été sous domination vénitienne jusqu’en 1555 et ottomane pendant trois siècles, est construite sur un rocher. Elle a très longtemps été un repaire de pirates qui y vendaient des esclaves noirs. Il est encore possible d’y voir les geôles dans lesquelles ils étaient parqués avant d’être vendus.
A côté d’Ulcinj, un cadre exceptionnel invite à une communion avec la nature : L’ile Ada Bojana, et ses charmantes maisons sur pilotis. La beauté du lieu vaut le détour tout comme ses 13 km de plage, la plus longue du Montenegro, très prisée des naturistes.


L’île est posée entre l’adriatique et la rivière Bojana qui sort du Lac Skadar, dont les deux tiers se trouvent au Montenegro et un tiers en Albanie.
Plus grand lac naturel des Balkans, le lac Skadar se découvre en taxis boat au départ du village de Virpazar. Un voyage au pays des nénuphars, qui tapissent le lac de leurs gigantesques feuilles et le parent, en mai, de fleurs jaunes et blanches qui frémissent au décollage des pélicans qui l’ont colonisé.

Une belle étape pour terminer cette escapade au Monténégro, le trésor des Balkans.

Isabelle Bourdet

+ d’infos : Office National du tourisme du Monténegro – www.montenegro.travel

À propos de l'auteur

Directrice Générale du PressClub, Isabelle Bourdet est également une grande voyageuses. La visite des différents PressClub du monde sont autant de découvertes et d’échanges qu’elle affectionne particulièrement. Amoureuse de la Tunisie, elle défend avec ferveur la destination et son peuple, toujours souriant, même dans le dénuement. Organisatrice et animatrice de tables d’hôtes, de débats et colloques, Isabelle est spécialiste des destinations balnéaires pour Infotravel.fr.

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