Interview de Guy Monnehay, Directeur Commercial de l’aéroport de Beauvais

En France métropolitaine, seuls 13 aéroports dépassent le million de passagers par an. On les appelle les aéroports millionnaires.

En 10ème position sur cette liste, à la fin 2014, on trouve l’Aéroport International de Beauvais qui dépasse les 4 millions de passagers par an. C’est l’aéroport des compagnies low-cost, une sorte de laboratoire du transport aérien, observé par toute la profession. Un aéroport qui ne cesse de croître avec une progression de 8,1% sur les cinq dernières années (2010-2014). Souvent raillé par les élites parisiennes, ignoré par certains media, boudé par l’univers aéroportuaire « un rien jaloux » de ses résultats mirifiques. Beauvais (BVA) vole de succès en succès, et rien ne semble arrêter cette marche en avant, même si aller à Beauvais se mérite un peu*.

Guy Monnehay, Directeur Commercial de l’aéroport de Beauvais nous donne les clés pour comprendre ce qui est une réussite.

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* (l’aéroport de Beauvais est desservi par des liaisons cadencées de navettes en autocar – Durée du trajet : 1h15 en trafic fluide.)

1°) Quand et Comment l’actuelle vie de l’Aéroport International de Beauvais a t-elle commencée ?

L’ aérodrome  de Beauvais a vu le jour dans les années 20 avec une piste en herbe. Il a ensuite été utilisé par l’armée allemande durant la Seconde Guerre Mondiale, après la construction d’une piste en dur, (où se trouvent tous les gravas de la ville détruite par les bombardements).

Le trafic commercial a réellement débuté en 1955 vers le sud de la Grande Bretagne, puis vers les pays Scandinaves. (On peut d’ailleurs considérer que la première ligne sur le sud de l’Angleterre a été la première low-cost de l’histoire). Le trafic a atteint un plafond de 270 00 passagers dans les années 70, avant de décroître après l’ouverture du T9 de CDG.

Le 1er Mai 1997 a été une date marquante pour l’aéroport,

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avec l’arrivée de la compagnie low-cost Irlandaise Ryanair qui s’est engouffrée dans le désormais ouvert ciel européen. D’autres compagnies ont suivi, faisant passer le trafic passagers de 68 000 en 1996 à 4.3M en 2015.

2°) L’ Aéroport de Beauvais s’est il résolument tourné vers l’activité low cost ou bien est ce que ce sont les low cost qui sont venues à vous ?

Les deux volontés se sont rejointes… L’aéroport avait l’obligation de se trouver une solution, et Ryanair cherchait un premier point stratégique sur le continent, et particulièrement en France.

3°) Doit on dire l’Aéroport International de Beauvais ou bien l’Aéroport de Paris Beauvais, et est ce qu’ADP (Aéroports de Paris) a pris ombrage de cette terminologie ?

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L’appellation « Paris-Beauvais » a été indispensable au lancement des liaisons régulières low-cost. Beauvais n’étant pas suffisamment connue de la clientèle potentielle, ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui, toute l’Europe connaît Beauvais par son aéroport (beaucoup plus que par sa cathédrale…) En ce qui concerne l’avis d’ADP, il faudrait leur demander…

4°) Indépendamment du nom, de par sa très grande proximité de Paris, Beauvais est il, de facto le troisième aéroport Parisien ?

L’aéroport n’est pas le troisième aéroport parisien, bien qu’ayant une partie de ses passagers en provenance ou à destination de Paris. L’aéroport, est véritablement devenu un élément majeur du développement économique local et régional. Avec une forte progression de passagers, originaires ou visiteurs de la région.

DSC_6384 ) Le succès de BVA est indéniable, quelles sont les vraies recettes de cette progression ?

Si nous connaissions la vraie recette… Les éléments majeurs de ce succès, et de cette croissance, sont sans doute la taille humaine de notre plate-forme, son accès et son utilisation très  facile et rapide pour les passagers, et le temps d’escale très réduit offert aux compagnies aériennes. (ainsi, bien sûr que son réseau de 65 destinations à bas coût)

6°) Avec le Terminal 2 achevé, êtes-vous au bout de vos aménagements, et, quels sont les autres projets en cours ?

Le terminal 2, ainsi que l’ILS cat3 seront suivis par d’autres travaux importants, comme le pôle multimodal (plate-forme d’opération des bus, taxis, navettes, location de voitures), situé entre les deux terminaux et dont la mise en service est prévue pour ce mois de Juillet 2015. L’aménagement du terminal 1 avec salles de pré -embarquement et la création d’un parking auto supplémentaire suivront. Tous ces travaux sont destinés à améliorer les conditions d’accueil des passagers.

7°) Attendez vous de nouveaux opérateurs, car trois vous sont maintenant très fidèles, et ce depuis plusieurs années : Ryanair, Wizzair, BlueAir ?     

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En ce qui concerne les opérateurs, avec Air Moldova, présent depuis 3 ans déjà, et en forte progression, nous avons actuellement 4 opérateurs fidèles. Il est difficile de parler de futurs opérateurs tant que les premiers vols ne se sont pas posés !

Mais il est évident que nous déployons tous nos efforts pour attirer d’autres compagnies susceptibles d’ouvrir de nouvelles liaisons, et sommes en contacts proches avec des compagnies low cost  britanniques,croates, russes, tunisiennes espagnoles et turques, ainsi que des compagnies charter égyptiennes et libanaises.

 Richard BAYON.

À propos de l'auteur

Richard BAYON est un Parisien émigré en Touraine, qui a vécu tantôt dans la capitale, tantôt dans la cité Tourangelle. Parfois, il dit vivre entre Seine et Loire, mais c’est bel et bien au bord du fleuve classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité (‘World Heritage’ en anglais) qu’il vit, et même très exactement à 150m de l’indomptable Loire.Atteint d’une maladie incurable appelée ‘la bougeotte’ ou ‘la voyagite aigue’, il totalise 107 nations, pays et autres terres éloignées au compteur. Des pays, où il a séjourné de quelques heures à plusieurs mois, dont certains états où il a eu l’occasion d’y passer et repasser plus de 40 fois.Affublé par un confrère Grand Reporter du joli sobriquet de ‘Morpion de Carlingue’ parce que passionné d’aviation commerciale, et de transport aérien en général, il prétend avoir pris l’avion près de deux mille fois sur les cinq continents mais s’impatiente d’avoir encore tant de choses à voir.Sur sa réussite, l’homme est très critique, mais aussi réaliste : ‘je ne sais pas, ou n’ai pas fait un milliard de choses, que tout un chacun sait, connaît, ou a fait ; mais j’ai fait, vu et rencontré un milliard de choses que beaucoup ne verront sans doute jamais.Au chapitre des prétentions, il en affiche deux sans vergogne : avoir un sens de l’orientation, donc de la géographie du monde, hors du commun, vraiment hors du commun (il prétend aller plus vite que n’importe quel GPS : ndlr) et parle sept langues quasi couramment et peut se faire comprendre dans cinq autres.Question destinations ou pays préférés, sept paysages lui viennent de suite à l’esprit : le Vert de l’Ouest Irlandais, les Fjords Norvégiens, le Bleu et Blanc des îles Grecques, les Cirques de la Réunion, les Dunes de Sable du Ténéré, les Icebergs du Groenland, et les Rues pleines de vie de Bangkok en Thaïlande.Ainsi de toutes ses pérégrinations : il sait que cinq choses le fascinent plus que tout: l’Immensité des Déserts, l’Inaccessible des Volcans, l’Intensité des Glaciers et des Icebergs, le‘Haka’ des All Blacks et la Force Tranquille des Eléphants.De Queenstown en Nouvelle Zélande jusqu’à Illulissat au Groenland et de Johannesburg à Bangkok, il a roulé sa bosse, lui prétend surtout qu’il a ouvert ses yeux, et que ses voyages, tous ses voyages c’est son université permanente.http://www.infotravel.fr/voyages-insolites/compagnie-volotea-deploie-ailes/

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