Cambodge: au-delà des temples d’Angkor

Textes et photos: (sauf indiqués) Fabienne Dupuis

Si les temples de la région du nord du Cambodge font tressaillir d’envie à leur simple évocation, le petit pays khmer regorge aussi de beautés qu’il serait bien sot d’ignorer. Comme dans le sud-ouest du pays où passé et essor économique se chamaillent les villes et où les escales exotiques en bord du Golfe de Thaïlande se succèdent. Visite d’une région à couper le souffle.

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Il suffit d’invoquer son nom pour comprendre toute la beauté du site des temples d’Angkor, situé au nord de la ville de Siam Reap. Couvrant près de 400km2, l’endroit combine avec brio, beauté religieuse et histoire ancestrale, de celle qui se vit au gré des trésors retrouvés parfois par hasard, des conjectures émises par les éminences grises et autres anthropologues. Pourtant, au-delà de cette beauté séculaire, le petit royaume du Cambodge abrite une multitude d’autres délices locaux à découvrir au gré d’un réseau routier qui se construit de plus en plus vite. Par avion, ce sera sans doute au départ de sa plus grande ville, Phnom Penh, établie capitale depuis le protectorat français qui débuta en 1863, que l’on débutera le voyage…

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Crédit DR

Située au croisements de quatre rivière, la « Perle d’Asie » comme on l’appelait alors, abrite aujourd’hui plus d’un million cinq cents mille habitants, et à ce titre s’impose comme le centre économique du pays. Il n’est que de voir les nouvelles tours percer l’horizon de Phnom Penh pour comprendre combien le Kampuchea (dont le PIB est cent treizième au classement mondial 2013) se bat pour relever le défi du développement avec, si ce n’est organisation très toujours très rigoureuse, une véritable ferveur.

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Mais que les amateurs ne s’y trompent pas. Aujourd’hui encore, et au-delà de ce vent de modernisme architectural qui parfois éradique à coups de bulldozer les très vieilles villas de la ville, les promeneurs surgissent en masse le long des rives du Tonlé Sap et dans ses cafés qui le bordurent, pour venir se rafraîchir les soirs d’été ou s’abriter des canicules moites et épaisses des après-midi. Tous s’aventurent dans les petites ruelles ombragées vers les (nombreux) marchés de la ville où se vendent à la criée des poissons frais et autres légumes rapportés des villages voisins par des agriculteurs venus tenter leur fortune.

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On les retrouve aussi dans les restaurants de la ville qui mélangent avec doigté les saveurs venues d’Asie, de France et d’ailleurs dans des décors ultra léchés qui n’ont pas à rougir de leurs voisins d’occident ; on compte parmi eux l’incontournable Malis et tout le talent du grand chef Khmer Luu Meng, le Red Hibiscus dont les plats sont signés par Guillaume Martin, le Metro de l’australien Tom O’Connor et bien d’autres encore tout autant inspirés par les produits khmers que les essences du monde. En soirée, malgré le noir des rues (souvent) mal éclairées, des lampions indiquent ici et là les lieux où la ville s’engouffre ses nuits indochinoises au cœur d’espaces où design rustique-asiatique ou tendance coloniale, donnent le ton ; FCC Club, Chez Rina ou dans ce nouveau quartier de Bassac Lane, à la Library ou au Cicada pour des soirées dans des micros cafés, ambiance tropico-trendy assurée.

Un hôtel :le Sofitel Phnom Penh PhokeethraSofitel-Phnom-Penh-Phokeethra-Pool

Crédit:Sofitel.

Posté en retrait de la route, le lieu impressionne un peu à l’approche. Il suffit pourtant d’en pousser les portes pour se sentir au cœur d’un très élégant hôtel qui cache joliment son jeu. Fidèle à la qualité de la marque Sofitel, le Phokeethra du groupe Accor est un délicieux mélange de style colonial et de subtilités françaises! Bois bruns sur fond de murs blancs, ventilateurs aux plafonds et fauteuils de cuir confortables, sont la petite mise en bouche du lobby de l’hôtel, préparée par une équipe tout aussi diligente qu’aimable.

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Doté de quatre restaurants (ou sont servies cuisines chinoise, japonaise, italienne et internationale), le site comporte aussi un club de gym ouvert à tous, ainsi que deux piscines, idéales pour se rafraîchir après de longues journées passées dans la tiédeur de la ville.

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Avec ses deux cent une chambres, l’hôtel conserve le charme d’un lieu mesuré qui a décidément opté pour le luxe discret plutôt qu’une opulente ostentation. Des Supérieures aux Prestiges, jusqu’à la Suite Opéra, le confort impeccable est de mise dorloté entre moquettes épaisses, salle de bain aux douches marbrées de blanc et gris souris, draps blancs frais et commodités technologiques ad hoc (à l’exception des machine à café tristement absentes dans les chambres Junior !), qui contribuent à s’approprier l’espace en moins de temps qu’il ne faut pour y poser vos valises ! Et à votre séjour au Cambodge de commencer.

Sofitel Phnom Penh Phokeethra – 26 Old August Site, Sothearos Boulevard, Phnom Penh 12301, Cambodge – Tél.: +855 23 999 200Web: www.sofitel.com – Chambres à partir de 220$

Kep-sur-mer

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Située à cent cinquante kilomètres seulement à l’ouest de Phnom Penh, il faudra pourtant plusieurs heures pour atteindre la petite ville de Kep-sur-mer. Fondée en 1908 par une élite française en quête de jeux de plage et de plaisirs balnéaires, la destination fut plus tard celle des notables cambodgiens qui souhaitaient suivre la mode lancée par le roi Norodom Sihanouk, féru des légendaires couchers de soleil de la petite station.

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L’histoire changea pourtant la destinée de la province côtière et après les années sombres imposées par l’armée des Khmers Rouges, la petite ville, en feu est passée en cendres. Si les squelettes des villas élégantes sont encore visibles aujourd’hui, Kep s’est cependant lancé à l’assaut de son futur, multipliant les projets architecturaux et les agréments de confort. Finis donc les galets et le limon, la plage de Kep est maintenant couverte d’un sable blanc et fin sur lequel de jeunes gens bronzent ou jouent au volley-ball tandis que de petits hôtels (entre éco-lodge et boutique) mis au goût du jour répondent à une clientèle de plus en plus nombreuse à venir. Si la destination offre finalement peut d’activités au-delà de l’intouchable farniente, une visite à Kep impose pourtant la dégustation de ses crabes fraîchement péchés et cuisinés à toutes les sauces.

IMG_6716_editedInscrite autour d’un parc de huit kilomètres de circonférence, la destination offre aussi la possibilité de superbes promenades dans un parc tropicale soigneusement balisé par l’équipe du Led Zep Café (situé à l’entrée du parc).

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Un hôtel à Kep : l’hôtel Saravoan

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Installé en bord de plage, l’hôtel Saravoan est l’alternative design (et abordable !) de la station de Kep. Composé de dix-sept chambres à l’impeccable décor modern-khmer, d’un restaurant en terrasse, d’un bar et d’un bassin, l’hôtel offre de superbes vues sur la plage située à une dizaine de mètres de là. Géré par une famille cambodgienne, l’ambiance s’en trouve confortée par un service aimable et chaleureux qui contribue pleinement à faire de son séjour, une douce réussite cadencée aux rythmes des vagues et des incroyables couchers de soleil..

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Hôtel Saravoan, Thmey Village, Prey Thom Commune, Kep City, Kep Province, Cambodge, Tél. : + 855-36 6393909 Web: www.saravoanhotel-kep.com – Chambre à partir de 45$ petit-déjeuner inclus.

Kampot, le parc national de Bokor

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On peut faire le choix de rester à Kep pour visiter la région où bien de poursuivre la balade pour se rapprocher un peu des quelques curiosités qu’elle offre, en s’installant dans l’étonnante ville de Kampot. Localité au charme discret, Kampot conserve encore quelques vestiges architecturaux d’intérêts que de nombreux investisseurs (privés ou pas) remettent aujourd’hui joliment en forme. Ville confinée à la discrétion depuis la création de la grande cité portuaire du pays, Sihanoukville, elle s’appréhende aujourd’hui au travers de promenades faites le long de sa rivière Kampong Bay le long de laquelle s’alignent d’anciennes échoppes et d’où l’on aperçoit entre autres, le Vieux Pont Français, véritable pépite d’ingénierie. C’est aussi à Kampot que l’on trouve le poivre au nom éponyme qui fit de la ville, au début du vingtième siècle, une véritable référence pour les tous gastronomes de goût. Aujourd’hui, quelques éco-entrepreneurs ont repris la culture de cette épice pour relancer sa production (dans le district de Kompong Trach et la montagne de Phnom Voa). et sa commercialisation.

Il ne faudra faire que soixante-dix kilomètres vers le sud-ouest, pour atteindre l’intrigante station d’altitude de Bokor. Construite dans les années 20 par des français en quête de fraîcheur, le lieu domine une superbe vallée qui semble s’étendre à perte d’haleine. Réputée pour ses brumes épaisses, la chaîne de montagnes de l’Eléphant est aussi connue pour ses quelques vestiges laissés depuis plusieurs décennies à l’abandon. Un casino, son hôtel, le Bokor Palace ouvert en 1925, et une église adjacente dominent ainsi les hauteurs de ce parc fantomatique. Si quelques travaux semblent avoir récemment été commandités, son développement demeure pour l’heure pour le moins ambigu. Restent à savourer cet étrange vestige et les 1581 km2 du parc qui se visitent au gré des envies, accompagné d’un guide ou non, pour y découvrir entre autres animaux, quelques singes, des éléphants, et une poignée de léopards et ce fameux tigre, maître des lieux, qui surprend au gré de ses envies les touristes venus piétiner ces terres ancestrales.

Une rénovation réussie qui ramène avec goût au début d’un siècle passé. Trois chambres seulement sont mises à disposition, promettant ainsi au voyageur une expérience paisible et joliment personnalisée.

La Java Bleue, Angle de la rue 726 et 27 Phoum, Ouksophear, Sangkat Kampong Kandal, Kampot, Cambodge, Tél. : + 855 033 667 6679, Web : http://www.lajavableue-kampot.fr/

 

Sihanoukville, île de Song Saa

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La curieuse ville de Sihanoukville surprend un peu celui ou celle qui décide d’y séjourner. Etendue le long d’une côte de près de trente kilomètres de long, elle semble avoir prospéré en développant ses quartiers les uns indépendamment des autres, pour offrir aujourd’hui aux voyageurs, une ville à l’allure curieusement démembrée. De Hun Sen Beach à Otres Beach en passant par Serendipity, Independence ou Ochheuteal, les tuk-tuks transportent les touristes d’un endroit à l’autre pour qu’au gré des goûts et des humeurs, ils trouvent sables, pensions, hôtel ou même Palace à leurs pieds.

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Au-delà de ce particularisme, et comme l’avait imaginé Norodom Sihanouk, le grand projet portuaire du pays est aujourd’hui une réalité d’où l’on part pour rejoindre, entre autres, les îles que les investisseurs étrangers s’arrachent à prix d’or, pour y développer des complexes hôteliers qui commencent à s’afficher sur le devant de la scène du luxe international, à l’image de ce superbe Song Saa Private Island, qu’un couple d’australiens plutôt inspiré à ouvert depuis peu sur une l’île de l’archipel de Koh Rong.

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Pour une nuit ou plusieurs jours, Sihanoukville sera quoi qu’il en soit de rigueur, pour compléter la visite de cette partie du Cambodge. Un tour de moins de sept cents kilomètres, qui rappelle à chaque coin de rue les traits d’une histoire, belle ou sinistre qui résonne sous les pas des visiteurs. Mais au-delà de son passé, des beautés d’une région ou des excès soudains des développements industriels ou immobiliers, le Cambodge possède quoi qu’il en soit une valeur que les plus grands dommages de son histoire n’ont pu affaiblir ; un peuple aimable et généreux, qui semble aujourd’hui bien décidé à prendre son avenir entre ses mains.

Song Saa Private Island

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Un programme alléchant qui oscille entre paradis terrestre et dame nature au comble de sa beauté, le Song Saa Private Island est un superbe projet hôtelier qui a fait le choix conscient d’une intégration presque parfaite dans le contexte naturel choisis par ses propriétaires. Vingt cabanes passées villas de luxe ont ainsi savamment été dissimulées dans une forêt où aucun arbre adulte n’a été abattu… Décorées au plus que parfait entre produits artisanaux en provenance des villages voisins, de bois flottés recyclés trouvés à un confort discrètement moderne, le lieu se vit comme une robinsonnade à peine méritée mais dont on rêve sans trop y croire. Ajoutez à cela une cuisine simple et néanmoins goûteuse, quelques activités, mais pas trop, un peu de plage et d’eau et vous aurez en quelques notes l’image de ce Song Saa de très très bonne nature.

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Song Saa Private Island, Krong Preah Sihanouk, Cambodia – Villa à partir de 1275 €.

Tél.:+855 23 686 0360, Web: www.songsaa.com

 

Carnet d’adresses

Malis, www.malis-restaurant.com

Poivre de Kampot, www.poivrekampot.com

Song Saa Private Island www.songsaa.com

 

 

 

À propos de l'auteur

Robert Kassous à été le responsable Tourisme à l’Obs pendant près de 20 ans.Photographe, reporter, il a créé et dirigé le Magazine Week-end du Nouvel Observateur. Après un passage d’un an chez Challenges et Sciences et Avenir, il se consacre désormais à son site Infotravel.fr dont il assure le développement grâce à sa formation à Sciences PO Paris Master 2 en Management des Médias et du Numérique. Il collabore à différents magazines print ou web comme Historia, Tourmag, A/R, Cuba Magazine. Passionné de Voyages et de rencontres, il a créé et animé les déjeuners Tourisme de l'Obs pendant 10 ans. Il est également l’invité de grands médias français pour son expertise sur le tourisme, LCI, Soir3, Europe 1, AFP etc. Administrateur du PressClub depuis 2011, il organise avec Isabelle Bourdet, la directrice générale du PressClub de France, des déjeuners afin de connaître toutes l'actualité des Offices de Tourisme, Tours Opérateurs, Compagnies Aériennes, ainsi que toutes les institutions représentatives des professions liées au Tourisme. Avec le Sociologue Guillaume Demuth, il anime des conférences en entreprise ou sur des salons comme le Salon Mondial du Tourisme, Top Résa etc . L'idée étant de comprendre et anticiper les différents changements de comportement des touristes, connaître l’impact des nouvelles technologies, leurs applications et implications dans le monde du Tourisme. Robert est membre de l’Association des Journalistes de Tourisme (AJT)

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