Inkaterra Machu Picchu Pueblo Hotel préserve les espèces en voie de disparition…. y compris l’homo sapiens, of course !

Il y a moins d’un an,  il a été consacré numéro 1 des hôtels du Pérou par Travel + Leisure, puis meilleur hôtel Vert d’Amérique du Sud aux World Travel Awards. Raison de plus pour se poser à l’Inkaterra Machu Picchu Hotel, un modèle de tourisme responsable niché en lisière du petit village d’Aguas Calientes.

Pour l’atteindre il suffit de sortir de la gare puis d’emprunter le petit chemin dallé longeant la voie ferrée et la Vilcanota, une rivière impétueuse qui gronde en contrebas. Après le petit pont de bois tout au bout du village, le voilà. On se sent alors pousser des ailes lorsque l’on pénètre dans le domaine qui se déploie sur pas moins de 5 ha. Point de barrières à l’entrée. Juste un écriteau en bois planté entre fougères géantes, troncs d’arbres étonnamment graciles et fleurs à longues tiges. Tout droit les chambres, la boutique, l’éco-center, le spa et le sauna andin. Et à droite, le lobby, le bar et le restaurant. Des oiseaux flamboyants virevoltent en sifflant la mélodie du bonheur. Heureux, ils le sont. Comme toutes les espèces menacées ailleurs, qui ici ont trouvé leur protecteur. José Koechlin Von Stein est un homme d’affaires péruvien humaniste et « éclairé ». Dans les années 70, bien avant la mode du tourisme vert, du tourisme solidaire et responsable, il s’est lancé. Par conviction. Grand ami de Werner Herzog et soutien financier du cinéaste allemand, c’est lors du tournage d’ « Aguirre ou la colère de Dieu » filmé en 1972 en Amazonie Péruvienne qu’il a conçu le rêve de sa vie. Ouvert en 1975, Reserva Amazonica ancré en bordure de la rivière Madre de Dios, dans la province de Tamopata, sera le premier de la série « Inkaterra », épithète baptisant des structures touristiques destinées à protéger et à faire découvrir les beautés naturelles menacées du Pérou. Des complexes qui serviront aussi à financer l’ONG écologique -Inkaterra Associacion (ITA) qui porte des projets de recherche et de conservation mais aussi d’éducation auprès des populations andines.

Conçu à l’image d’un village andin
Après cinq ans de reforestation, de plantation de thé et de café et des constructions dans le respect de l’habitat traditionnel, pierre, adobe, bois, chaux, chaume, Inkaterra Machu Picchu Pueblo Hotel a ouvert ses portes en 1991. À l’image d’un village andin, de petites maisons surgissent çà et là. Ici la réception et son livre d’or. À proximité, le salon avec sa jolie cheminée et son restaurant ouvrant sur la montagne. Plus haut, coiffé d’ichu, une paille des hautes terres-, le sauna andin, sorte d’igloo dans sa forme et de sauna finlandais pour le fond, possède la particularité d’être tapissé à l’intérieur de feuilles d’eucalyptus. Excellent pour les bronches ! A quelques pas, avant d’atteindre les deux piscines taillés à même la roche, et le spa, une terrasse invite à déjeuner d’un lomo saltado ou à savourer la boisson nationale le pisco sour – eau de vie de raisin, citron vert et blanc d’œuf- Plus raisonnable, le Français Marc Yeterian, directeur de cet eden vert conseille le cocktail maison à base de la muñia, « Il s’agit de la menthe andine connue pour ses propriétés curatives. Elle provient de nos plantations. Mais on achète également des produits aux communautés andines ». Depuis son arrivée, en 2008, le domaine n’a eu de cesse de s’agrandir sans perdre son âme, avec 200 employés pour chouchouter la clientèle américaine, pour l’essentiel, mais aussi française (4%). On parle ici la langue de Molière grâce au réseau actif – pour combien de temps ? des Alliances françaises.

Bouillotte et plaid en alpaga
Aujourd’hui, 85 chambres et suites se glissent dans les casitas. Dans ces petites maisons aux toits en tuiles et murs chaulés le luxe est sans clinquant : hauts plafonds découvrant une charpente en bois d’eucalyptus, cheminées pour nuits fraîches- n’oublions pas que nous sommes ici à 2000 m d’altitude- bouillottes et lunettes de vue dans les armoires, plaid en alpaga, couvertures en laine fait main, coussins hypoallergéniques et chaussons chics en pneu recyclé… Au top des six catégories de chambres proposées, la suite Inkaterra possède jardin, terrasse et piscine privés ainsi qu’une douche outdoor alimentée par une cascade.

Un jardin extraordinaire d’orchidées
Et il y a tout le reste à explorer sur la propriété privée. Cinq kilomètres de chemins à arpenter au creux de la forêt de nuages préservée. Parmi les guides officiant à l’éco-center, Carmen. Le regard aussi vif que son pas est alerte, elle connaît chaque parcelle sur les bouts de ses semelles. Elle nous fait découvrir les innombrables orchidées, une collection universelle alignant 374 espèces en ajoutant les deux dernières trouvailles. Elle vous tend les jumelles pour observer l’une des 92 espèces d’oiseaux qui nichent un peu partout ; pointe le coq de roche, un volatile au plumage orangé. Le colibri au long bec dénombre près de vingt espèces. C’est cinq fois plus pour les papillons. Moins banal encore, la présence de trois ours à lunettes andins. Choyés dans leurs cages, ils font l’objet d’un programme de sauvegarde. D’autres excursions sont proposées au-delà du domaine… jusqu’au Machu Picchu situé à dix kilomètres et 400 mètres plus haut, plus près des étoiles.

Julie Olivier

Machu Picchu Puebo Hotel
Aguas Caliente
00.511.610.0400
http://www.inkaterra.com/en/machu-picchu
A partir de 172 € la chambre double, tarif comprenant l’assistance depuis la gare, le petit-déjeuner, le dîner à la carte, les excursions dans le domaine

À propos de l'auteur

Robert Kassous à été le responsable Tourisme à l’Obs pendant près de 20 ans.Photographe, reporter, il a créé et dirigé le Magazine Week-end du Nouvel Observateur. Après un passage d’un an chez Challenges et Sciences et Avenir, il se consacre désormais à son site Infotravel.fr dont il assure le développement grâce à sa formation à Sciences PO Paris Master 2 en Management des Médias et du Numérique. Il collabore à différents magazines print ou web comme Historia, Tourmag, A/R, Cuba Magazine. Passionné de Voyages et de rencontres, il a créé et animé les déjeuners Tourisme de l'Obs pendant 10 ans. Il est également l’invité de grands médias français pour son expertise sur le tourisme, LCI, Soir3, Europe 1, AFP etc. Administrateur du PressClub depuis 2011, il organise avec Isabelle Bourdet, la directrice générale du PressClub de France, des déjeuners afin de connaître toutes l'actualité des Offices de Tourisme, Tours Opérateurs, Compagnies Aériennes, ainsi que toutes les institutions représentatives des professions liées au Tourisme. Avec le Sociologue Guillaume Demuth, il anime des conférences en entreprise ou sur des salons comme le Salon Mondial du Tourisme, Top Résa etc . L'idée étant de comprendre et anticiper les différents changements de comportement des touristes, connaître l’impact des nouvelles technologies, leurs applications et implications dans le monde du Tourisme. Robert est membre de l’Association des Journalistes de Tourisme (AJT)

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