Thaïlande: L’ Isan, En surprenante terre inconnue

Au Royaume de Siam, la région de l’Isan, très peu touristique, est pourtant un joyau thaïlandais.
L’histoire de l’Isan situé au nord de la Thaïlande et regroupant 22 des 77 régions du pays se mêle aux immenses bouleversements : économique, touristique et social qu’a connu tout le pays au 19ième siècle. Fuyants, isolement misère et pauvreté, beaucoup d’habitants ont émigré vers les grandes villes du sud et les régions côtières de la Thaïlande, plus touristique et beaucoup plus riche. Emportant avec eux traditions culturelles et culinaires adoptées depuis dans le pays tout entier : c’est en Isan que trouvent leurs origines le riz gluant, la salade piquante som tam, mais aussi la musique folklorique Mor Lam.

En terre inconnue

l'Isan. Photos Robert Kassous. Infotravel
Près de 600 km séparent Bankhok d’Udon Thani. Du hublot, la vue évoque les décors naturels d’un film de Yann Artus Bertrand. L’on découvre une terre à la fois sauvage et fertile, immense nuancier naturel de vert qui défile entre montagnes, forêts tropicales, rizières, champs de culture et grandes prairies. De l’aéroport international d’Udon Thani, il faut encore 3 heures de route pour rejoindre Nong Khai, près de la frontière du Laos. C’est jour du marché, les étales multicolores proposent fruits et légumes exotiques, tissus, spécialités culinaires locales et artisanat de qualité. Comme pour tous les marchés du monde, c’est ici, entre les étales, que l’on ressent le mieux la vie quotidienne des habitants, les barrières de langues n’y changent rien, le sourire est peut être un langage ?

L’Isan prouve qu’il reste encore des merveilles à découvrir

l'Isan. Photos Robert Kassous. Infotravel
L’Isan est l’une des régions les plus mystérieuses et authentiques d’un pays où le sourire et l’espoir sont souvent les seules armes pour lutter au quotidien contre la pauvreté et les catastrophes. La nature y est totalement préservée grâce à une faible densité de population et un tourisme quasi inexistant. Mais le visiteur aventureux en quête d’authenticité de végétation luxuriante et de vestiges millénaires sera heureux d’apprendre que sur ce tiers de territoire thaï se cachent des trésors inestimables. Même si certains édifices parmi les plus anciens, des 9e et 12e siècle, faute d’argent et de protection du patrimoine, tombent en ruine.

Un patrimoine historique impressionnant

l'Isan. Photos Robert Kassous. Infotravel
C’est à vélo que se poursuit le voyage, ce qui permet d’apprécier un environnement particulièrement préservé sans faire trop de kilomètres ; car les « trésors » ne sont jamais très loin. Quelques coups de pédales suffisent, le long des berges du Mékong, pour atteindre Wa Sri Khun Muang et son impressionnant temple richement décoré à la feuille d’or. Un peu plus loin, Ban Na Aor et son village ancestral surprennent par une architecture unique : des maisons construites d’arbres entiers et sculptés.
La région de l’Isan abrite également d’importants sites préhistoriques, ce confirmant l’existence d’une grande civilisation à l’âge de bronze : on retrouve la présence humaine dans le Nord-est de la Thaïlande datant de 6000 ans. Dans la province d’Udon Thani, le site archéologique de Ban Chiang, le plus important en Asie du Sud, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce cimetière est connu pour sa poterie peinte en ocre rouge. Plus petit, le site de Ban Prasat, situé au cœur d’un village traditionnel, contient des squelettes et des poteries datant d’il y a 3000 ans.
Mais déjà un autre lieu magique à découvrir : la grotte de Tam Pha Phu devant laquelle trône fièrement, assis sur un rocher un énorme Bouddha, souriant lui aussi. L’actuel roi de Thaïlande Rama IX se voit offrir, en signe de prospérité, l’eau sacrée de la grotte à chacun de ses anniversaires, ce qui donne lieu à une cérémonie très officielle.
L’endroit confine une atmosphère très particulière. Devant les immenses statues recouvertes de feuille d’or ou bien face à la fontaine sacrée (où trône une sorte de vierge noire) une certaine émotion et un silence parfait s’imposent. Puis, comme un rituel, le serviteur des lieux invite d’un petit geste à prendre quelques gouttes, faire un vœu, prier ou simplement boire l’eau aux vertus si précieuse.

Une vraie leçon d’écologie

l'Isan. Photos Robert Kassous. Infotravel

La nuit tombe, il est temps de se mettre au vert et cela tombe bien car l’hôtel Phu Na Come Resort est un lieu entièrement tourné vers l’écologique. Ici, la protection de l’environnement a fait école et chaque membre du personnel est initié aux nombreuses étapes d’une vraie chaîne biologique. Tout est produit sur place. Potager, matériaux de constructions, fruits, riz, thé etc. tout est issu de la nature dans laquelle on se sent ici en totale immersion.
Chaque déchet est recyclé afin de produire à son tour, lessive, engrais, produits de nettoyage, savons etc. Une vraie leçon d’écologie.
Les chalets sur pilotis, fabriqués en bois local, sont dignes des grands hôtels de Bangkok, confortables et parfaitement équipés. Ils sont disséminés dans un parc où la végétation, comme les animaux, ont toute leur place, il n’est d’ailleurs pas rare de trouver devant sa porte une famille de buffles ou d’ânes en promenade.

Le lendemain, direction la réserve ornithologique de Suan Nok. Dans cette forêt tropicale, chèvres des montagnes, écureuils géants, daims Sambhar, croisent tigres, Gibbons, ours noir d’Asie, serows ou encore lémuriens volants, dans une multitude de bruits, plus ou moins étranges, dignes des plus grands films animaliers, ou film d’horreurs… Les villages bordant les lieux ont tous un temple, chaque famille, lorsque s’est possible, à donné un fils au temple, celui-ci prie et protège les siens en vivant des offrandes du village. Certains temples valent vraiment le détour, comme Pho Chai et sa fresque narrant l’histoire de Bouddha sur tous les murs du temple dans une reconstitution de plus de 100 dessins. Autre temple surprenant, cette pagode de terre qu’un bonze nouveau venu dans la région (vers 1600) élabore avec de simples seaux remplis de terre. Aujourd’hui encore, à deux pas de d’une empreinte attribuée à Bouddha lui-même, chacun peut prendre son seau et apporter sa terre à l’édifice.
Pour ce périple il est recommandé de prendre un guide afin de profiter au mieux des merveilles à découvrir, distante de plusieurs centaines de kilomètres parfois.

En rejoignant Bangkok quelques jours plus tard, le contraste est puissant. Aux petites maisons de bois du nord du pays s’érigent ici des tours de plusieurs centaines de mètres. Cette Mégalopole asiatique devenue verticale protège en son cœur un patrimoine d’exception. La visite de la ville aux 400 temples est impressionnante, à l’image de l’imposante cité royale qui ne présente aucune similitude et ne souffre d’aucune comparaison possible avec aucun endroit dans le monde.
Des soldats gigantesques trônent devant les bâtiments principaux de la cité royale, eux mêmes rehaussés par de najas protecteurs que l’on retrouve un peut partout sur les toits et font partie intégrante de la vie de Bouddha.

Le raffinement et la perfection avec laquelle les artistes et architectes ont construit ces lieux inspirent respect et admiration. La Thaïlande représente une belle histoire sans fin à laquelle on se doit de prendre sa part au moins une fois dans sa vie.

l'Isan. Photos Robert Kassous. Infotravel

Y aller

Dix vols directs vers Bangkok depuis Paris-CDG avec Thai Airways.
Tarifs moyen à partir de 800 € environ l’A/R.

Des bus relient Bangkok (terminal de Mo Chit) à Nakhon Ratchasima (Korat) toutes les demi-heures 24h/24.

Trajet : environ 4 heures. De Korat, liaison en bus vers d’autres destinations dans l’Isan.

Réservez vos billets d’avions pas chers Thaïlande avec Bourse des Vols 

Quand: Saison des pluies de juin à octobre : il ne pleut pas toute la journée mais il peut y avoir de grosses averses.

De novembre à mars, saison sèche, il fait toutefois assez chaud le jour (28-30 °C), et relativement frais la nuit (18-22 °C).

L’Isan est l’une des plus grandes régions du pays, une semaine est le minimum pour visiter les principaux centres d’intérêt. Il existe des liaisons aériennes entre Bangkok et Ubon Ratchathani et Udon Thani.

Où dormir ?

Sawadee, Phu Na Come Resort

L’Isan se prête bien au tourisme vert. Pour consulter la liste des hébergements ayant une politique de développement durable, voir le site de la Green Leaf Foundation
www.tourismthailand.org.
www.NostalAsie.com

Il existe également une association de tour-opérateurs et agents de voyage spécialisée dans l’écotourisme
A Bangkok, l’hôtel Anantara http://bangkok-sathorn.anantara.com
Sofitel Centara Grand Bangkok: www.sofitel.com/Bangkok

À propos de l'auteur

Robert Kassous à été le responsable Tourisme à l’Obs pendant près de 20 ans.Photographe, reporter, il a créé et dirigé le Magazine Week-end du Nouvel Observateur. Après un passage d’un an chez Challenges et Sciences et Avenir, il se consacre désormais à son site Infotravel.fr dont il assure le développement grâce à sa formation à Sciences PO Paris Master 2 en Management des Médias et du Numérique. Il collabore à différents magazines print ou web comme Historia, Tourmag, A/R, Cuba Magazine. Passionné de Voyages et de rencontres, il a créé et animé les déjeuners Tourisme de l'Obs pendant 10 ans. Il est également l’invité de grands médias français pour son expertise sur le tourisme, LCI, Soir3, Europe 1, AFP etc. Administrateur du PressClub depuis 2011, il organise avec Isabelle Bourdet, la directrice générale du PressClub de France, des déjeuners afin de connaître toutes l'actualité des Offices de Tourisme, Tours Opérateurs, Compagnies Aériennes, ainsi que toutes les institutions représentatives des professions liées au Tourisme. Avec le Sociologue Guillaume Demuth, il anime des conférences en entreprise ou sur des salons comme le Salon Mondial du Tourisme, Top Résa etc . L'idée étant de comprendre et anticiper les différents changements de comportement des touristes, connaître l’impact des nouvelles technologies, leurs applications et implications dans le monde du Tourisme. Robert est membre de l’Association des Journalistes de Tourisme (AJT)

Page archive de l’auteur

1 Commentaire

Poster un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *