Terre de savoir-faire et porteuse d’une culture vivante qui s’est transmise de génération en génération, l’Oise, à 50 minutes de Paris, propose un patrimoine industriel original !
Du bassin creillois au Beauvaisis, le département ne cesse de dérouler des success story, des sagas familiales, des destins incroyables ou l’épopée d’un objet : celle du gant, de la brosse à dents, du clou, de la tapisserie ou des couverts !
Découverte des processus de fabrication, atmosphère unique des lieux, authenticité : l’ouverture de ces manufactures à la visite permet de plonger au cœur du savoir-faire local, de comprendre comment naissent les produits du quotidien et de rencontrer les passionnés qui les fabriquent.
Ambassadeurs d’un savoir-faire séculaire, la Brosserie Française à Beauvais, la maison Gant Maille à Margny-Les-Compiègne, l’Orfèvrerie d’Ercuis, la Clouterie Rivierre à Creil, la Manufacture nationale de la Tapisserie à Beauvais, ils sont les derniers ou dans les derniers à perpétuer et transmettre leurs métiers !
Visites guidées, démonstrations, ateliers : direction l’Oise, dans les coulisses de l’excellence française !
1. La Brosserie Française à Beauvais : une usine au poil !
Une histoire humaine
Tout commence en 1845 lorsqu’Alphonse Dupont implante à Beauvais « La Brosse et Dupont ». Installée au bord de la rivière Thérain, pour pouvoir laver les os de bovins dans lesquels seront sculptés les manches, elle est spécialisée dans la brosserie fine (brosse à cheveux, à dents, pinceaux, blaireaux). À l’époque, le site emploie près de 900 ouvriers dans ses 18 ateliers et environ 1800 personnes travaillent à domicile pour le montage de brosses et tirage de soies. En 1986, le site se spécialise dans le secteur des brosses à dents, et crée alors la marque Bioseptyl. Reprise en 2012, l’usine devient La Brosserie Française, la dernière fabrique de brosses à dents en France avec 32 salariés.
Un savoir-faire historique
Forte d’une expertise de plus de 180 ans dans le secteur bucco-dentaire et dans celui des brosses à cheveux, La Brosserie Française témoigne d’un savoir-faire traditionnel perpétué de génération en génération. Alors qu’au siècle dernier, le poil était tiré des soies de sanglier, de blaireau, de chèvre ou de porc, aujourd’hui l’entreprise mise sur l’innovation et le respect de l’environnement avec des poils en bioplastique à base végétale et des matériaux recyclés afin de fabriquer les manches (à base de liège, de coquille Saint-Jacques ou encore de bois de hêtre). Il est en effet important pour l’entreprise d’utiliser des matériaux plus respectueux de l’environnement pour faire de la brosse un objet responsable, éco-conçu mais aussi élégant et sans compromis sur l’efficacité.
Visite des coulisses
Située à quelques mètres du site d’origine, l’usine est désormais équipée d’une technologie de pointe au cœur d’un environnement naturel luxuriant. Animée par un guide-conférencier, la visite permet de retracer toute la chaîne de fabrication de votre brosse à dents depuis l’atelier de production à votre salle de bain.
2. La Maison Gant Maille à Margny-les-Compiègne : une ganterie artisanale qui a la main depuis 1865 !
Une histoire humaine
La ganterie Gant Maille est née à une époque où les dames ne pouvaient sortir sans se couvrir les mains. Elle alimentait alors les grands magasins parisiens. Coton, nylon, laine, cachemire : elle perpétue depuis 160 ans un savoir-faire rare, la fabrication de gants en tissu. Installée à Margny-lès-Compiègne, elle navigue entre savoir-faire traditionnel et modernité, combinant couture traditionnelle et innovations textiles. Sa production 100% locale répond aux attentes du prêt-à-porter, du luxe, de l’industrie ou encore des institutions comme l’armée française.
Un savoir-faire historique
L’histoire de Gant Maille débute à Margny-les-Compiègne en 1865 : Mme Moren fonde une ganterie dans le centre-bourg. À ses débuts, elle emploie des centaines d’ouvrières travaillant à domicile. Transmise de génération en génération, l’entreprise familiale s’est développée au fil des décennies, en s’adaptant aux mutations du secteur textile. Aujourd’hui, elle compte vingt « petites mains » chargées de la confection des gants.
Visite des coulisses
Le bruit des machines à coudre qui monte crescendo, les machines de découpe qui s’abattent à cadence régulière : la visite de 45 minutes fait entrer dans l’univers d’un métier rare et d’une tradition ancestrale. De la coupe à l’assemblage en passant par l’appairage, de la fourniture aux finitions, le visiteur plonge au cœur d’un atelier vivant.
3. La Maison de Haute Orfèvrerie à Ercuis : une manufacture qui n’a jamais perdu son éclat !
Une histoire humaine
En 1867, l’abbé Adrien Céleste Pillon fonde une usine de pantographie voltaïque dans le village d’Ercuis, rapidement transformée en entreprise d’orfèvrerie. Elle se spécialise dans les arts de la table et ouvre une boutique à Paris en 1880. L’alliance avec le maître verrier Georges Maës en 1886 propulse Ercuis dans les bonnes grâces des grands hôtels. Au début du XXe siècle, son fils reprend les commandes et transforme l’entreprise en saga familiale. De modernisation en modernisation, Ercuis a affiné son art devenant une référence du couvert haute-couture !
Un savoir-faire historique
L’Orfèvrerie Ercuis doit sa réputation à son héritage et au savoir-faire de ses artisans-orfèvres, dont les gestes et techniques se transmettent de génération en génération. Aujourd’hui labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, la maison perpétue cette tradition tout en s’ouvrant aux innovations des arts décoratifs, du design et de la haute gastronomie. Ses créations accompagnent les plus belles tables, aux côtés des plus grands chefs.
Visite des coulisses
Emboutissage, ébarbage, polissage, poinçon, argenture, avivage, … un couvert passe par plus de 25 étapes avant de briller sur la table ! Lors de cette immersion, le visiteur découvre d’abord un espace muséal, avant de plonger dans les ateliers où les artisans donnent vie à chaque pièce. Au fil de la visite, les différentes étapes de fabrication se dévoilent, accompagnées d’échanges privilégiés avec ces maîtres du geste.
4. La Clouterie Rivierre à Creil : une manufacture toujours à la pointe !
Une histoire humaine
En 1888, un certain Théodore Rivierre installe une usine près de la gare de Creil avec l’idée d’exploiter un brevet : celui d’une machine permettant de fabriquer des clous à partir d’un seul fil de métal, sans perte de matière. L’essor est rapide mais Théodore meurt prématurément en 1900. Sa veuve reprendra l’usine en la dirigeant d’une main de maître pendant 35 ans. Aujourd’hui, l’usine a quitté la famille mais l’entreprise perpétue le savoir-faire des ouvriers et le « savoir-entretenir » du parc machine en se transmettant de génération en génération le secret de leur maintenance.
Un savoir-faire historique
Elles s’appellent Dolorès, Daniella, Blanche-Neige, Bécassine, Fernande ou Huguette : ces 325 vieilles dames de fer, uniques et irremplaçables, fabriquent encore semence de cordonnier, pointe en laiton, crampillon, bossette en acier bleui ou clou forgé à tête diamant. Depuis plus de 130 ans, abondamment graissées à l’huile de colza, elles s’agitent en cadence, dans un vacarme assourdissant, crachant leurs clous à toute allure. Classée « Entreprise du Patrimoine vivant », « France savoir-faire d’excellence », la clouterie Rivierre est la dernière clouterie d’Europe et la seule au monde à fabriquer des clous forgés sur mesure !
Visite des coulisses
Hachurée de poutres métalliques et coiffée d’un dôme en verre, cette sublime manufacture est restée dans son jus : un véritable décor « zolaïen » avec des parfums de garage, sciure de bois et huile de moteur ! Ateliers, visites guidées ou ludiques pour les enfants : durant 1h30, c’est une véritable plongée dans le monde industriel d’autrefois !
5. La Manufacture nationale de la Tapisserie à Beauvais : une histoire restée intacte au « fil » du temps !
Une histoire humaine
En 1664, pour couper court aux importations, Colbert se met à la recherche d’une ville capable d’accueillir une manufacture… Idéalement située sur la Route des Flandres, Beauvais s’impose comme une candidate rêvée, forte de sa tradition de tissage et en tant que grande ville drapante du royaume. Le XVIIIe marque une apogée avec des collaborations artistiques et des exportations internationales. En août 39, les ateliers quittent la ville avant qu’elle ne soit rasée et rejoignent Aubusson, puis les Gobelins. Il faudra attendre 1989 pour les ateliers reviennent s’installer en ville et dans le cœur des habitants !
Un savoir-faire historique
Dès le XVIIIe, Beauvais utilise exclusivement la technique dite de basse-lice sur métier horizontal (en opposition à la haute-lice des Gobelins). Contrairement au tisserand, le licier ne tisse pas à la rangée mais en juxtaposant les motifs par un jeu de formes et de contreformes qui s’appuient les unes sur les autres, tel un jeu de construction. Les tapisseries sont roulées au fur et à mesure de leur exécution et portent toutes le monogramme « MBN ». Aujourd’hui, seule une douzaine de lissiers continuent de perpétuer cette technique rare qui permet d’obtenir des pièces d’une finesse remarquable à partir de cartons d’artistes contemporains.
Visite des coulisses
L’adresse est confidentielle, le lieu grandiose ! Installée dans les anciens abattoirs municipaux du XIXe siècle, elle est un véritable hommage au délicat souvenir d’une époque où des centaines de mains s’affairaient minutieusement centimètre par centimètre. Des visites guidées mais aussi des visites-ateliers interactives permettent de découvrir cette tradition séculaire suivie d’un atelier créatif où petits et grands peuvent s’initier à la broderie.
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