Casinos et Fados, bienvenu à Macao

 

Territoire minuscule au sud-ouest de la Chine, Macao affiche la prospérité galopante de ses casinos sur fond de traditions asiatico-portugaises.

Par Catherine Gary

Quand les Portugais écumaient les mers

Ce confetti de terre à l’embouchure de la Rivière des Perles n’est qu’une côte pauvre et marécageuse avec quelques villages de pêcheurs lorsque les Portugais débarquent en 1513. Ils s’y implantent, plus heureux alors dans leur choix que sur les rives du Japon d’où on les chasse un siècle après leur débarquement. Ici ils sont accueillis à bras ouverts par des Chinois satisfaits de leur aide : ils viennent à bout des pirates qui infestent les côtes. Ces colons courageux fondent ainsi le plus ancien comptoir européen de Chine. Et bien que sur un territoire minuscule, ils ne chôment jamais. Au point de devenir, sous la dynastie des Ming, le plus grand port chinois de commerce entre l’Orient et l’Occident, et le passage obligé sur la route maritime de la soie.

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Manque de chance, l’arrivée des Britanniques en 1841 dans le port en eaux plus profondes de Hong Kong signe le début du déclin. Macao développe alors d’autres sources de revenus, plus douteux ceux-là. Et c’est ainsi que le chef d’oeuvre de Jean Delannoy, “Macao Enfer du jeu“, sorti en 1942, installe durablement la légende d’une ville sous influence de trafics en tout genres. Quoi qu’il en soit, la ville a su depuis trouver de nouveaux souffles et malgré sa rétrocession à la Chine en 1999, continue de bénéficier du statut de “région administrative spéciale“ dans un mélange harmonieux de culture chinoise et portugaise, même si le drapeau vert à lotus blanc remplace aujourd’hui celui du Portugal.

 

 

 

 

 

Capitale mondiale du jeu depuis 2007

Si Las Vegas possède plus de trois cents casinos, Macao n’en compte qu’une trentaine, mais détrône la flamboyante Américaine  avec un chiffre d’affaires cinq fois supérieur ! Partout la démesure règne dans les grands complexes : à la fois hôtels, restaurants, centres commerciaux et casinos, ils rivalisent en colosses et se toisent la nuit tombée en projetant sur la ville leurs néons éblouissants. De quoi en mettre plein la vue aux touristes qui arrivent tout droit de Hong Kong après une heure en bateau et un permis en bonne et due forme. Il faut le Venitian Macau, une réplique identique à celle de Las Vegas, avec ses canaux où circulent les gondoles et son lacis de ruelles dont les vitrines de luxe se succèdent sous un ciel artificiel couleur azur au soleil couchant ! Sur l’île de Taïpa, reliée par trois ponts gigantesques au centre historique de la ville, le Sand Cotai Central héberge le luxueux Sheraton et deux casinos de classe internationale où les cœurs palpitent jour et nuit. Mais l’emblème de cette capitale du jeu, c’est le Gran Lisboa, un gratte-ciel de 261 mètres de haut qui surpasse tous les autres de son sommet gigantesque en fleur de lotus où Robuchon a ouvert son restaurant trois fois étoilé…

Toute heure est bonne pour venir tenter sa chance dans ce haut lieu de l’exotisme et du jeu. A ses risques et périls. Ici, les émotions peuvent être fortes. A l’image du Grand Prix de Macao qui se joue en novembre sur un circuit de 6, km sinuant dans l’incroyable mouchoir de poche de la colline de Guia, en plein centre ville. Côté fêtes, on ne manque pas le Nouvel an chinois, le 10 février prochain : sous le signe du Serpent cette année, Macao va vibrer pendant 10 jours de feux d’artifice, de parades de lions et de dragons, de pétards, de musiques et de  danses. Entre dévotions bouddhiques, taoïstes ou confucéennes au temple A-Ma, le plus ancien de la ville, on va aussi se régaler d’une cuisine métissée de saveurs portugaises, chinoises et indiennes, reconnue comme l’une des meilleures d’Asie. Raviolis vapeur, beignets de fruits de mer, mais aussi plats de morue revisités à la façon macanaise sans oublier les traditionnels gâteaux de lune… les papilles vont s’en donner à cœur joie.

Fidèle à son patrimoine lusitanien 

Dans le centre historique de Macao, les pavements en mosaïques font des vagues noires et blanches au pied des monuments restaurés avec soin. Etroitement entrelacés dans le dense tissu urbain, ils témoignent, comme les pagodes et les temples bouddhistes, de l’esprit de tolérance qui règne dans cette ville métissée de Chinois et de Portugais de souche. L’Unesco a inscrit en  2005 au Patrimoine mondial la vingtaine d’églises, de places et de rues anciennes, précisant  que « le centre historique de Macao est le témoin de l’une des plus anciennes et des plus durables rencontres entre la Chine et l’Occident. »… Bel hommage ! Tous les jours, une foule se presse devant le monument emblématique de la ville : l’ancienne église Saint Paul, dont seule la façade a échappé au feu en 1835. Ce qui ne l’empêche pas de dresser avec panache ses ouvertures béantes en direction du ciel, au sommet d’une volée de marches sur lesquelles les touristes se bousculent. Ils se dispersent ensuite dans les ruelles en contrebas où les attendent boutiques à souvenirs et spécialités en tous genres.

A deux pas, la place du Sénat, centre névralgique de la ville, invite à un thé au jasmin devant l’élégante fontaine cerclée de monuments néoclassiques. Ou pour un régal de dim sum, ces raviolis cuits à la vapeur, farcis d’ingrédients divers dont raffolent les Macanais. Tôt le matin, on grimpe jusqu’à la forteresse de Guia et son phare immaculé qui surveille depuis des lustres la ville à ses pieds. Le soir, ambiance portugaise encore dans le quartier autour de la cathédrale dont les vieilles maisons aux façades colorées sont encore éclairées par des lampadaires à l’ancienne. On y déguste une cuisine lusitanienne dans le calme d’une cour arborée avant de faire un tour, peut-être, du côté des grands hôtels pour l’ambiance des casinos la nuit tombée…

Pratique :

Y aller :

– Vols quotidiens directs Paris CDG-Hong Kong : Air France-KLM et Cathay Pacific (à partir de 766 euros A/R)

– Liaisons Hong Kong/Macau en ferry (45 minutes) depuis l’aéroport international de Hong Kong.

 

Préparer son voyage :

Pas de visa pour Macao (contrairement à la Chine) mais un passeport en cours de validité ;

Office de Tourisme de Macao :

Office de Tourisme de Macau – c/o Express Conseil, 5bis rue du Louvre 75001 Paris

01.44.77.88.08

Séjourner :

– Le Sheraton Macau***** à Cotai Strip : un luxe à s’offrir pour son casino, sa galerie marchande  et la vue illuminée sur le Vénitien, son plus grand casino du monde et sa Venise reconstituée. Prix : à partir de 117 euros la chambre. www.sheratonmacao.com

– Le Grand Emperor***** : très bien situé dans le centre ville.Prix : à partir de 110 euros la chambre. www.grandemperor.com/

 

Se régaler d’une cuisine exceptionnelle :

Cuisine chinoise :

– Le Xin du Sands Cotai Hôtel

Pour une remarquable fondue aux crustacés et un service parfait. www.sandscotaicentral.com/Macao-Dining/Restaurants/Asia_International/Xin/

– Le Wing Lei** à l’hôtel Wynn. Cet étoilé Michelin propose un menu de dim sum des plus variés et raffinés, dans un décor luxueux mais épuré, riche en œuvres d’art. Menu à 15 euros.

Cuisine portugaise :

– Albergue 1601. Dans un quartier portugais près de la cathédrale Saint Lazare, ce restaurant est situé dans une vieille maison au fond d’une cour arborée. Bacalhau a bras, costelada de porco, feijoada…

Cuisine macanaise (délicieuse fusion des deux) :

– Restaurant Littoral. Dans une auberge à l’ambiance chaleureuse, goûtez au savoureux poulet à l’Africaine et au riz aux fruits de mer !

www.restaurante-litoral.com

 

À propos de l'auteur

Titulaire d’un DEA de Lettres modernes Sorbonne, complétés par l’ESJ Paris (Ecole supérieure de journalisme) et après 6 six ans au Venezuela dans le cadre de la Coopération culturelle, Catherine Gary enseigne à l’Université René Descartes, au Lycée Turgot et à l’Ecole Supérieure de Tourisme. Tout en pigeant pour des maisons d'édition : traductions, lectures de manuscrits, rewritings. En 1997, elle occupe le poste de chargée de mission à la Communication et aux Nouveaux médias du Centre Georges Pompidou. Puis se tourne vers le journalisme : rédactrice en chef adjointe d’un magazine de tourisme et chargée de communication pour un magazine littéraire. Spécialisée dans les reportages tourisme, culture et société, Catherine travaille régulièrement pour Famille & Education, Divas, Destination Cuba, Lindigo (rédactrice en chef adjointe) et Infotravel. fr

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