Toronto : Ville de rencontres

Destination incontournable pour les amoureux du Grand Nord, Toronto est la cinquième plus grande ville d’Amérique du Nord. Son architecture est un savoureux mélange de mod­erne et d’ancien. Des Chutes du Nia­gara aux vignobles du vin de glace, il y en a pour tous les goûts. Jacques Cartier découvre le territoire en 1534, longtemps après les vikings. Sur les traces d’Étienne Brûlé, premier Parisien explorateur à apprendre la langue des indi­ens et à découvrir l’Ontario, naît la devise Yours to dis­cover (« A vous de le découvrir »), que l’on peut lire sur les plaques minéralogiques de l’Etat de l’Ontario. La ville, qui compte 2,5 millions d’habitants, est la plus grande du Canada en population, devant Montréal, et la cin­quième plus grande ville d’Amérique du Nord. Toronto a une superficie de 630 kil­omètres carrés, une distance nord-sud d’une vingtaine de kilomètres et est-ouest de 40 kilomètres. Très vallonnée, la côte parcourt 46 kilomètres. Deux rivières, la Humber et la Don, traversent la ville. Ruis­seaux et rivières viennent se jeter dans le lac et créent de grands ravins boisés, sites idéaux pour parcs et sentiers de randonnées. Toronto est au bord du lac Ontario, limitrophe du Québec, dans une région que les esprits pratiques appellent « HOMES », afin de se souvenir du nom des cinq grands lacs : Huron, Ontario, Michigan, Érié et Su­périeur. Réputé comme détour obliga­toire par les touristes franco­phones, car planté à mi-chemin entre Montréal et les chutes rendues célèbres par Marylin Monroe dans le film « Niagara », on dit qu’il n’est jamais trop tard pour visiter To­ronto. Peut-être avant les premiers froids. Car, ne l’oublions pas, nous sommes dans le Grand Nord. Les Québécois préviennent toujours leurs cousins français : « Ne venez pas en hiver ! » Le côté diurne est réservé au business, tandis que la vie nocturne fourmille d’intérêts. Il n’est jamais trop tôt pour Toronto… Guettez les Happy Hours avec le petit air de Charles Trenet en tête : « Nous irons à Toronto à vélo. Nous irons à Mon­tréal à cheval. Nous irons à Québec à sec… » Les communautés ethniques se côtoient proches du centre ville : la large Chinatown, la populaire Greektown, la dolce vita Little Italy, Trinity-Bellwoods, qui rassemble les populations lusophones, ou la grouillante Little India, mais aussi les cafés éthiopiens et érythréens dans le groove des langues amhariques. Hédi Bouraoui, dans son roman « Ainsi parle la Tour CN », décrit plusieurs quartiers. Il construit de belles descriptions incitant la visite, notam­ment au village portugais : « … qui exhibe fièrement ses azulejos sous lesquels il fait bon déguster un porto au goût du terroir. L’odeur des boulangeries vous enivre. Fromageries et pois­sonneries, coincées entre boutiques de crochet et de dentelle,vous font vous lécher les babines… » D’est en ouest, Kensington Market, Leslieville, Cabbagetown et Riverd­ale offrent des zones commerciales et culturelles animées, aux commu­nautés artistiques bigarrées. Toronto, c’est la ville où les gratte-ciel bourgeonnent, comme le print­emps dans un savant mélange d’anciens et de nouveaux bâtiments. Les vitres immenses des buildings sont teintés de vert, bleu, or et gris. Pas mal de bars-lounges ont établi leurs ter­rasses au cinquantième étage (voire plus) où, tranquillement, à l’heure de l’apéritif, on admire les innombrables tours s’illuminant d’une multitude de faisceaux pendant la tombée de la nuit. La plus haute tour, la CN (Canadian National) clignote de couleurs multiples. On peut copieusement manger dans le restaurant à plus de 550 mètres d’altitude. La tour gravite sur elle-même. On en attraperait presque le tournis, avant même d’abuser de ce cher vin de l’Ontario. La cave du restaurant est d’ailleurs bien fournie. Le Financial District contient le regroupe­ment de grattes-ciel le plus important du Canada, avec notamment le First Cana­dian Place, la Tour TD, le Scotia Plaza, le Royal Bank Plaza, le Commerce Court West et le complexe BCE. La CN (Canadian National) est le symbole de la cité, la signature de son panorama urbain. Haute de 553,33 mètres, elle dé­tient, jusqu’en 2007, le titre de structure la plus haute au monde, maintenant dépas­sée par le Burj Khalif, situé à Dubaï. Le centre ville de Toronto est un grand rectangle : au sud, le Music Garden, le Waterfront au quai du départ du ferry pour les îles, Greektown et les plages. En re­montant, la CN, la gare, la vieille ville et le quartier des anciennes distilleries, Distill­ery District. Le quartier des affaires flirte avec celui des spectacles. Au nord, Queen Street West, Grange Park et l’Art Gallery, Nathan Philips Square et la vieille mairie, la cathédrale St Michael. Plus haut, Little Italy, l’université de Toronto, le parc de la Reine, le Mu­sée Royal, le Musée de la chaussure Bata et Cabbage Town. Toronto intègre, au XIXe siècle, la pluralité de sa population. Pas moins de 120 ethnies cohabitent : Chinois, Ukrain­iens, Erythréens, Pakistanais, Amérindiens, Allemands, Italiens, Juifs d’Europe de l’Est, Russes, Polonais et aussi Sud-Asiatiques, Africains, Philippins, Latinos… On entend donc parler plusieurs langues dans les endroits publics, y compris le français. Depuis 1990, les franco­phones bénéficient d’une législation qui leur garantit le droit des services de la fonction publique en français, épaulés par le Centre francophone de Toronto, l’Alliance française, le journal L’Express, le Théâtre français et latélévision publique francophone de l’Ontario, ainsi que la Radio CHOQ FM 105,1. En dehors du majestueux hôtel Le Germain, récemment « importé » de Montréal, trois nouveaux grands hôtels viennent d’y voir le jour : le Shangri-La, de 65 étages, le Ritz Carlton et le Four Seasons, de 55 étages. La tour résidentielle la plus haute du pays est l’Aura, avec ses 75 étages. Elle rivalise avec les tours ICE, de 57 et 67 étages, du Centre York, près de Queen’s Quay. On entend souvent dire que la rue Yonge est longue d’environ 1 900 kilomètres. La rue part du lac Ontario et monte vers le nord, traverse le Strip, avant d’entrer dans le quartier Rosedale, puis longe le cimetière Mount Pleasant, passe dans Richmond Hill et Oak Ridges, pour débarquer à Aurora et Newmarket. Ce trajet ne s’étend que sur 56 kilomètres. Alors, pourquoi 1 900 kilomètres ? La rue Yonge est aussi la route nationale 11, celle qui file vers North Bay pour se diriger ensuite vers Cochrane et Ka­puskasing, puis vers Thunder Bay. Elle prend progressivement des allures de rue, de boulevard, d’avenue et, en­fin, de route. C’est à Toronto que les nouveaux arrivants rêvent de vivre. Venus de dif­férents horizons culturels avec l’espoir, rien qu’une nuit durant, de devenir une vedette de cinéma. La rue Yonge fait couler beaucoup d’encre. Dans « Sur la piste des Jolicoeurs », Pierre Léon, qui occupe une place de choix dans la francophonie torontoise, trans­porte son personnage Suzon depuis Chinon jusqu’à Toronto, elle est bien déçue de ne pas voir un ours polaire à sa descente d’avion ; elle devra se con­tenter de remonter la vieille rue Yonge, la « Broadway » de Toronto, qu’il faut surtout la voir la nuit, avec toutes ses enseignes lumineuses et les flonflons de ses innombrables bastringues. A 120 kilomètres de la ville, en direc­tion des chutes du Niagara, on décou­vre le vignoble Inniskillin, d’où l’on vendange une autre fierté canadienne, le vin de glace. L’icewine est récolté en vendanges tardives à -10°, lorsque le grain gèle. Lors des vendanges, on se délecte du vin de l’an passé en sculptant verres, bistrots et chaises dans la glace. Au printemps, on se prélasse sur les chaises Adiron­dack Muskoka en attendant que l’hélicoptère, qui ne prend aucun risque au visu des intempéries, veuille bien vous emmener rêver au-dessus des Niagara Falls. Si vous êtes sur le plancher des vaches, en bas des chutes, montez comme tout le monde à bord du bâteau Maid Of The Mist. Par mauvais temps, on ne voit pas grand chose et sans imper­méable (offert par la maison) on est rincé ! Transport En ville, le métro, qui s’étend sur quatre lignes, comprend 69 stations. Dans le centre ville, tramways et autobus. Sept lignes de train desservent aussi la banlieue. A voir Le Palais Osgoode, Scadding Cabin, à Exhibition Place : la plus vieille maison de la ville, qui date de 1794. L’hôtel de ville du Finlandais Viljo Revell et le vieux palais d’Edward James Lennox, la cathédral St James et la cathédrale St Michael, l’Église Little Trinity. Les jardins botaniques royaux, à Burlington (banlieue ouest), et ceux de Toronto, à North York et Allan, le Centre des sciences de l’Ontario(Don Mills). Le musée des Beaux-Arts de l’Ontario par Frank Gehry, le musée des Arts céramiques Gardiner, le musée de La Chaussure Bata, le musée du Textile. La bibliothèque publique possède une vaste collection de documents de science-fiction, soit plus de onze millions d’ouvrages. Shopping Eaton Center ou Outlet, sur King et Spadina, et l’incontournable Yorkville pour le chic. Retour à Kensington, où l’on peut marchander des copies Chanel ou autres avec les Chinois. La Grande Galleria du Centre financier et Commercial Place par l’espagnol Santiago Calatrava. Où manger Luma, au deuxième étage à côté du centre cinématographique, pas loin du Germain. Le restaurant de la CN Tower offre un menu très convenable et sa cave est bien garnie. Le Thompson, boutique-hôtel, offre avec sa terrasse à vue imprenable l’une des rares piscines à débordement. Il pratique trois restaurants : l’un, de cuisine traditionnelle, ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Un italien, le Scarpetta, avec l’innovant chef Scott Conant, et un japonais, le Wabora. Le lounge et le lobby bar sont décorés par l’artiste espagnol Javier Mariscal. Autre boutique hôtel : le Ritz-Carlton vous réservera un chaleureux accueil en français et vous pourrez vous délecter d’un copieux brunch aux oeufs Bénédicte et frites d’avocat arrosé de cocktails. Le Drake hôtel, 160 employés et un autre concept : Isabel Martinez choisit tous les artistes qui marqueront le décorum. Chaque chambre est dessinée par une personne différente. C’est le concept du Pop’up : la déco alterne tous les trois mois. Des tables au plafond, tout change complètement. On fait la bamboula dans le Night club du sous-sol. La boutique est en ligne. Les prix ? 199 dollars la régulière et 399 dollars la Rock Star suite. Pas cher pour,l’espace d’une nuit, entrer dans la peau de Bono, Jason Mraz ou Avril Lavigne. On peut aussi opter pour la chambre teens, un peu moins chère, et revivre l’adolescence. L’hôtel Le Germain : on le soupçonn d’avoir installé des dream catchers (pièges à rêve) dans chaque coin des oreillers du king size bed pour attraper les cauchemars tant le plaisir est immense de se lover dans une chambre aussi douillette. On est comme chez soi, tellement le service est soigné. Un seul défaut et c’est marqué nulle part : il est interdit de fumer. Mais n’est-on pas au Canada pour mener une vie saine ? Pour y aller Air Canada et Air France. Un peu plus long mais qui vaut le détour : depuis Paris, prendre le Thalys, gare du Nord, jusqu’à Bruxelles et la navette aéroport. Jet Airways y assure un vol quotidien. Au départ de Lyon, Marseille et Toulouse, prendre Brussels Airlines,puis Jet Airways. Naresh Goya dirige cette compagnie indienne et propose 65 destinations en Inde ainsi que 66 destinations internationales. Bruxelles-Toronto : tarif aller/retour en classe économique à partir de 700 euros ; en classe affaires, à partir de 2600 euros. Jet Airways soigne ses passagers, avec l’aide de ses charmantes hôtesses, en sari jaune au décollage et à l’atterrissage, en sari bleu roi le temps du voyage. On vole avec le tout nouvel Airbus 330-200, un appareil long courrier doté de 3’ sièges en première (classe affaires) et 190 sièges en lowcost. En première, les sièges vous massent le dos et s’inclinent à l’horizontale, comme un lit. Points de connexion pour ordinateurs portables et téléphones à portée de main. Le chef Yves Mattagne confectionne un menu à la hauteur, arrosé de cuvée noble de Lanson ou du fameux cabernet sauvignon de Francis Coppola. Les sièges de la classe Economy sont moins spacieux, mais suffisamment équipés avec un repose-pied apte à une bonne circulation sanguine.Michelle Simpson dirige le pôle communication de l’Office du Tourisme, Tourism Toronto. Pour toute information, les visiteurs peuvent se connecter sur www.SeeTorontoNow.com. Autre site de référence avec destinations en vogue : www.infotravel.fr RENSEIGNEMENTS PRA TIQUES Passeport en cours de validité. Change 1€ = 0,74 $ Décalage horaire : 6 heures de moins qu’en France. Bagages en soute : 20 kilos et plus selon l’afflux des voyageurs.­­

À propos de l'auteur

Robert Kassous à été le responsable Tourisme à l’Obs pendant près de 20 ans.Photographe, reporter, il a créé et dirigé le Magazine Week-end du Nouvel Observateur. Après un passage d’un an chez Challenges et Sciences et Avenir, il se consacre désormais à son site Infotravel.fr dont il assure le développement grâce à sa formation à Sciences PO Paris Master 2 en Management des Médias et du Numérique. Il collabore à différents magazines print ou web comme Historia, Tourmag, A/R, Cuba Magazine. Passionné de Voyages et de rencontres, il a créé et animé les déjeuners Tourisme de l'Obs pendant 10 ans. Il est également l’invité de grands médias français pour son expertise sur le tourisme, LCI, Soir3, Europe 1, AFP etc. Administrateur du PressClub depuis 2011, il organise avec Isabelle Bourdet, la directrice générale du PressClub de France, des déjeuners afin de connaître toutes l'actualité des Offices de Tourisme, Tours Opérateurs, Compagnies Aériennes, ainsi que toutes les institutions représentatives des professions liées au Tourisme. Avec le Sociologue Guillaume Demuth, il anime des conférences en entreprise ou sur des salons comme le Salon Mondial du Tourisme, Top Résa etc . L'idée étant de comprendre et anticiper les différents changements de comportement des touristes, connaître l’impact des nouvelles technologies, leurs applications et implications dans le monde du Tourisme. Robert est membre de l’Association des Journalistes de Tourisme (AJT)

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