À Tergnier, dans l’Aisne, le musée de la Résistance et de la Déportation rouvre ses portes le samedi 10 octobre 2026.
Après une rénovation complète, l’ancien musée créé en 1986 laisse place à un lieu moderne, scientifique et pédagogique. Nous l’avons visité en avant-première, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Photo : Gil Giuglio/Photo-tourisme.com
Un musée voulu par la Résistance, pensé aujourd’hui pour les nouvelles générations
Une histoire qui remonte à 1986
Le musée a été créé en 1986 par d’anciens résistants, qui voulaient garder la trace de ce qu’ils avaient vécu. Les murs appartiennent au Département de l’Aisne. Le musée est géré par l’association des anciens combattants.
Un parcours plus scientifique et plus pédagogique
Notre guide pour cette visite, Vincent Dupont, référent historique et spécialiste des deux guerres mondiales, a participé à la conception de la muséographie et de son parcours. Il insiste sur un point : le musée d’origine avait été créé par les résistants, à la sortie de la guerre, d’abord pour eux-mêmes. Une initiative tout aussi précieuse, souligne-t-il. Aujourd’hui, le propos change d’échelle. Il s’adresse d’abord aux nouvelles générations, avec un discours plus scientifique, plus pédagogique. Le Musée à une vocation de mémoire pour les nouvelles générations.

Photo : Gil Giuglio/Photo-tourisme.com
La visite intérieure : un parcours immersif de l’exode à la répression
Du hall d’entrée à la salle de spectacle
Dès le hall au style art-déco bien présent dans le département, la scénographie joue sur la transition entre la place aux briques rouges et l’intérieur du musée, peint dans des teintes rouges. Une vitrine y présentera chaque mois « l’objet du mois »en rapport avec la seconde guerre mondiale.
On passe ensuite dans la grande salle de spectacle, une ancienne salle des fêtes. Des films de présentation et d’introduction à la thématique y sont projetés avant d’entrer dans le parcours. À d’autres horaires, elle accueille des événements culturels indépendants du musée, ainsi que des expositions temporaires. Il n’y a pas de réserve sur place : les collections sont conservées par le Département, à Laon.

La fresque de l’exode
La première salle s’ouvre sur une grande fresque historique en demi-cercle. Elle rappelle un chiffre marquant : après l’exode, 160 000 habitants de l’Aisne sont revenus de la Mayenne, le département qui les avait accueillis.
Des dioramas à l’échelle 1/1
La grande salle des témoignages est le cœur de la visite. On y découvre plusieurs dioramas à l’échelle 1/1, dont un parachutage clandestin et une scène de contrôle par la police allemande, entourés d’objets d’époque. On n’observe pas ces scènes de loin : on entre dedans, comme dans le quotidien des résistants.
La répression et la collaboration
Une salle est ensuite consacrée à la répression et à la collaboration. Le parcours couvre aussi la naissance de la Résistance, l’importance de l’appel du 18 juin 1940, la vie quotidienne sous l’occupation, la déportation, le bureau des opérations aériennes, les Forces françaises libres, le débarquement et la Libération.
Enfin, la Libération
La dernière salle est logiquement consacré à la Libération et à l’organisation post libération. Entre les affiche de l’Appel du Générale de Gaulle et des phalanges de Résistances locales, il faut admirer les étonnants habits confectionnés par les civils et fabirqués à partir de toile de parachute largués par les Alliés. Le savoir-faire est assez inouï. Ces confections résument aussi l’esprit de débrouillardise que fut l’Occupation Allemande.
L’extérieur : un avion, un train de déportés et un char

et le char R-35
Dehors, les collections continuent. On y découvre un avion allié de liaison, un Beechcraft C-45, ainsi qu’un char Renault R-35. Ce modèle de char a participé à la bataille de Montcornet, conduite par de Gaulle, alors colonel.
Le train de wagons de déportés
Le train de wagons de déportés rappelle le rôle du rail dans la déportation. C’est l’un des moments les plus forts de la visite.
D’étonnants abris anti-bombardement individuels
Le long des voies, on découvre d’étonnants abris anti-bombardement individuels. À l’époque, ils étaient posés le long des voies ferrées pour protéger les agents de la SNCF qui travaillaient sur les rails.

Photo : Gil Giuglio/Photo-tourisme.com
Infos pratiques pour visiter le musée de la Résistance de Tergnier
Une boutique qui évite les produits standardisés
À la sortie, la boutique ne propose pas d’articles standards : uniquement des produits conçus pour le lieu, dans une démarche de développement durable.
Audioguides en plusieurs langues, accessibles aux malvoyants
Le musée propose des audioguides en anglais, néerlandais, allemand et d’autres langues. Les personnes malvoyantes peuvent suivre tout le parcours grâce à eux.
Adresse, contact et infos
Musée de la Résistance et de la Déportation de Picardie
5, place Carnegie, 02700 Tergnier
Tél. : 03 23 57 93 77 – museeresistance02@gmail.com
Infogénéral sur le tourisme dans l’Aisne et les envrirons de Tergnier : www.jaimelaisne.com
Horaires
- Du mardi au samedi : 10 h-12 h et 14 h-18 h
- Dimanche : 14 h 30-18 h 30
- Fermé le lundi, le 1er mai, le 1er novembre et du 24 décembre au 3 janvier
- Groupes : sur rendez-vous
Tarifs
- Adultes : 8 €
- Tarif réduit : 6€ (enseignants, demandeurs d’emploi, personnes en situation de handicap, anciens combattants, guides-conférenciers)
- Tarif réduit : 2 € (enfants 7-18 ans, étudiants, bénéficiaires du RSA)
Des séances de cinéma exceptionnelles au coeur du musée
Les samedis 10 et 17 octobre à 19h30, vivez une expérience originale avec la projection du film » Les Enfants de la Résistance « , portée notamment par Artus et Gérard Jugnot, dans le cadre intimisre la superbe salle art-déco au coeur même du Musée.
Venir à Tergnier et combiner avec la Caverne du Dragon
Tergnier possède une gare SNCF, un atout rare pour un musée : on peut venir sans voiture. L’EuroVelo 3 passe aussi par la ville. Le musée peut être visité avec la Caverne du Dragon dans un délai de six mois.

Tergnier, une ville à découvrir
Ancienne cité cheminote, Tergnier s’est développée autour du rail. Le musée est installé sur la place Carnegie, classée monument historique. La ville sert aussi d’étape sur l’EuroVelo 3 et de point de départ pour visiter l’Aisne, notamment Laon.
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