Guerre au Moyen-Orient : pourquoi des milliers de vols sont annulés et quels sont vos droits ?
Les conséquences du conflit au Moyen-Orient se font déjà sentir dans les aéroports du monde entier. Les perturbations aériennes devraient durer “plusieurs jours, voire plusieurs semaines”, a averti le 2 mars le PDG du Groupe ADP, Philippe Pascal.
En cause : la fermeture d’une large partie des espaces aériens dans la région, entraînant une vague d’annulations sans précédent.

Des chiffres impressionnants. Selon le cabinet spécialisé Cirium :
- 12 903 vols ont été annulés entre samedi matin et lundi soir
- Cela représente environ 40 % des vols initialement programmés
- Aux Émirats arabes unis, le taux d’annulation a frôlé les 100 % dimanche et atteint 93,5 % lundi
- Le pays abrite notamment l’aéroport de Aéroport international de Dubaï (DXB), le deuxième aéroport mondial en nombre de passagers internationaux. Quand un hub de cette taille ralentit, c’est toute la planète aérienne qui vacille.
Des voyageurs bloqués aux quatre coins du monde
Chaque jour, environ 900 000 sièges d’avion concernent des vols à destination ou au sein du Moyen-Orient. Le nombre de passagers affectés dépasse déjà probablement le million.
Concrètement :
Des voyageurs sont bloqués à Dubaï, Doha, Abou Dabi ou Tel-Aviv
D’autres, déjà en Thaïlande ou en Asie du Sud-Est, ne peuvent plus transiter par ces grands hubs pour rentrer en Europe
Les liaisons Europe–Asie sont particulièrement touchées : près de 45 % d’entre elles sont opérées par des compagnies du Golfe
Résultat : retards en cascade, détours par d’autres espaces aériens, flambée des prix sur certains trajets et délais d’attente imprévisibles.
Quels sont vos droits ?
Bonne nouvelle : les passagers au départ d’un aéroport européen, ou voyageant avec une compagnie européenne, sont protégés par le règlement européen Règlement CE 261/2004.
Ce texte encadre les droits en cas de retard, d’annulation ou de refus d’embarquement.
Mais attention : la guerre est une “circonstance extraordinaire”
Le règlement précise que l’“instabilité politique” constitue une circonstance extraordinaire, c’est-à-dire un événement échappant au contrôle de la compagnie.
Conséquence :
L’indemnisation forfaitaire de 250 à 600 euros n’est pas due dans ce cas précis.
En revanche, vos droits au transport et à l’assistance restent pleinement valables.
Que doit faire la compagnie si votre vol est annulé ?
Même en cas de guerre, le contrat de transport reste en vigueur.
Comme le rappelle Imane El Bouanani, responsable juridique France chez Flightright :
La compagnie doit acheminer ses passagers jusqu’à leur destination finale, circonstance extraordinaire ou non.
- 1. Le réacheminement
La compagnie doit vous proposer : - Un nouveau vol vers votre destination finale ou Un remboursement intégral de votre billet
- Vous êtes libre de choisir.
2. L’assistance matérielle. Si vous êtes bloqué à l’aéroport, la compagnie doit prendre en charge :
- Les repas (souvent via des bons)
- L’hébergement si nécessaire
- Le transport entre l’aéroport et l’hôtel
- Si elle ne le fait pas, vous pouvez avancer les frais… à condition de conserver tous les justificatifs pour demander le remboursement.
3. Le remboursement ou l’auto-réacheminement
- Vous pouvez aussi :
- Accepter un vol plus tardif proposé par la compagnie
- Ou demander le remboursement et organiser vous-même votre retour
- Dans certains cas, si vous devez racheter un billet plus cher pour rentrer plus vite, vous pouvez demander le remboursement de cette différence — à étudier au cas par cas.



