C’est souvent là que ça coince. On a décidé de partir sur l’eau, on a même choisi la région, et puis on ouvre le catalogue. Pénichette, cruiser, quatre couchages, six couchages, Classic, Premium… On ne sait plus par quel bout prendre les choses. Pourtant, tout se joue sur trois questions simples : qui monte à bord, pour combien de temps, et à quel niveau de confort.
Chez un loueur de bateaux sans permis comme Riverly, le catalogue s’organise justement autour de ces trois entrées : le style de bateau, la taille de l’équipage et le niveau d’équipement. Une fois qu’on a compris la logique, le choix devient presque évident. Voici les repères, dans l’ordre où il faut se les poser.
Pénichette ou cruiser : deux façons de naviguer
Les bateaux de location se rangent en deux grandes familles, et elles ne se ressemblent pas.
La pénichette a la silhouette des vieilles péniches de travail : coque basse, lignes rondes, beaucoup de bois, un toit sur lequel on grimpe. Elle avance doucement, elle inspire confiance, elle photographie merveilleusement bien. C’est le bateau de ceux qui veulent que le voyage ressemble à une carte postale.
Le cruiser, lui, ressemble davantage à un bateau moderne : coque plus haute, grandes baies vitrées, intérieur clair, poste de pilotage souvent en hauteur. On voit mieux le paysage depuis le salon, et la manœuvre paraît parfois plus intuitive à un débutant, parce qu’on domine l’eau du regard.
Aucun des deux n’est meilleur que l’autre. La pénichette séduit ceux qui cherchent le charme, le cruiser ceux qui cherchent la lumière et l’espace. Le mieux, quand c’est possible, reste de regarder les plans intérieurs avant de trancher.
Combien de personnes à bord ?
C’est la question qui détermine tout le reste. Les bateaux de location accueillent en général de deux à douze personnes, et les catalogues se rangent par tranches : deux à quatre, quatre à six, six à huit, puis au-delà.
Un conseil de bon sens : ne prenez jamais un bateau au nombre exact de vos passagers. Un bateau annoncé pour six personnes en accueille six pour dormir, pas six pour vivre confortablement une semaine. À cinq dans un six-couchages, chacun respire. À six, il faut s’entendre très bien. La règle qui marche, c’est une cabine par couple ou par paire d’enfants, plus un salon qu’on ne transforme pas en chambre tous les soirs.
Autre point souvent oublié : le nombre de salles d’eau. Deux couples avec une seule douche, c’est jouable. Trois couples avec une seule douche, les matins deviennent longs.
Le confort : ce qui change vraiment
Les loueurs classent leurs bateaux par niveaux, du plus simple au plus équipé. Les noms varient, la logique est toujours la même. En montant en gamme, on gagne surtout trois choses.
D’abord le chauffage, qui ne sert à rien en août mais change tout en avril, en mai et en octobre. Ensuite la climatisation et une meilleure isolation, appréciables en plein été dans le Sud. Enfin les aides à la manœuvre, ces petites hélices latérales à l’avant du bateau qui le font pivoter sur place. Pour un débutant qui doit se garer entre deux bateaux devant vingt spectateurs attablés en terrasse, c’est le meilleur investissement du voyage.
Le reste, lave-vaisselle, télévision, terrasse aménagée, relève du confort pur. À vous de voir si vous partez pour cuisiner ou pour regarder défiler les berges.
Une semaine, un week-end ou quinze jours ?
La durée détermine l’itinéraire, et pas l’inverse. Sur un canal, on avance à l’allure d’un vélo tranquille, et chaque écluse prend dix à vingt minutes. Comptez donc en heures de navigation, pas en kilomètres.
Un week-end de trois jours convient parfaitement pour un premier essai : on prend le bateau en main, on fait un aller-retour court, on dort deux nuits à bord. C’est la formule idéale pour savoir si l’on aime. Nos idées de week-end de trois jours en France donnent d’ailleurs quelques pistes pour caler ce genre d’escapade.
Une semaine reste la durée reine. Elle laisse le temps de s’installer, de trouver son rythme, de s’arrêter deux nuits au même endroit sans avoir l’impression de perdre du temps.
Deux semaines, enfin, ouvrent les grands itinéraires en ligne, d’une base de départ à une autre. C’est plus cher, parce qu’il faut ramener le bateau à son point de départ, mais on ne repasse jamais deux fois au même endroit.
Quelle période choisir ?
La saison de navigation s’étend en gros d’avril à octobre. Chaque mois a son caractère.
| Période | Ce qu’on y gagne | Ce qu’il faut accepter |
|---|---|---|
| Avril et mai | Ports vides, nature en fleurs, tarifs doux | Soirées fraîches, chauffage indispensable |
| Juin | Longues journées, eau encore calme | Les vacances scolaires arrivent |
| Juillet et août | Baignade, terrasses, animation | Attente aux écluses, chaleur, tarifs hauts |
| Septembre | Lumière douce, vendanges, ports qui se vident | Journées qui raccourcissent |
| Octobre | Couleurs d’automne, calme absolu | Certaines voies ferment, météo incertaine |
Ce qu’on oublie souvent de vérifier
Quelques détails font toute la différence une fois sur place. Les vélos, d’abord : la plupart des bateaux peuvent en embarquer sur le toit, et le chemin de halage est souvent goudronné. C’est le meilleur moyen d’aller chercher le pain le matin ou de visiter un village à trois kilomètres de l’amarrage.
La hauteur du bateau ensuite. Sur certaines voies aux ponts très bas, tous les modèles ne passent pas. Le loueur le sait et vous orientera, mais mieux vaut poser la question avant de s’attacher à un modèle.
Enfin, si vous partez avec de jeunes enfants, vérifiez la présence de filets de sécurité le long des passages extérieurs et prévoyez un gilet à leur taille, pas un gilet d’adulte. Notre guide pour voyager avec de jeunes enfants donne d’autres réflexes utiles, qui valent aussi bien sur l’eau que dans les airs.
Les questions que tout le monde se pose
Faut-il un permis ?
Non, pour un bateau habitable de moins de quinze mètres sur les voies intérieures. Le loueur assure une prise en main d’environ une heure et remet une attestation valable pendant le séjour.
Peut-on partir sans jamais avoir navigué ?
Oui, et c’est même le cas de la grande majorité des équipages. La prise en main couvre la conduite, l’amarrage et le passage des écluses. La première journée sert de rodage.
Combien de personnes faut-il pour manœuvrer ?
Deux, idéalement : une à la barre, une pour les cordages aux écluses. Un équipage de deux personnes fonctionne très bien, à condition de se répartir les rôles dès le départ.
Que se passe-t-il en cas de panne ?
Les loueurs disposent d’une assistance téléphonique et de techniciens sur la zone de navigation. On reste sur une voie d’eau bordée de routes, personne n’est jamais loin.
Peut-on embarquer un chien ?
Le plus souvent oui, avec un supplément. Pensez au harnais flottant : un chien remonte difficilement seul sur un pont situé à un mètre au-dessus de l’eau.
Le vrai secret
Après avoir tourné et retourné les catalogues, la plupart des équipages font le même constat en rentrant : ce n’est pas le modèle du bateau qui a fait le voyage, c’est le rythme. Un bateau bien dimensionné, une semaine devant soi, deux vélos sur le toit et l’obligation de ralentir. Choisissez d’abord le nombre de couchages et la durée. Le reste, vous l’oublierez dès le deuxième jour, quand vous saurez enfin faire un nœud correct sur une bitte d’amarrage.
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