Partir en vacances est-il encore un droit universel en France ? Selon une étude inédite menée par YouGov pour SumUp auprès de 1 013 adultes représentatifs, plus d’un Français sur cinq déclare ne pas pouvoir voyager cet été.
Mais derrière ce renoncement, une autre réalité émerge, celle d’une génération qui se réinvente, réduit ses dépenses quotidiennes pour mieux se faire plaisir l’été, cherche des revenus complémentaires et gère son budget vacances avec une rigueur inédite. Entre contrainte subie et arbitrage assumé, l’été 2026 révèle autant les fractures du pouvoir d’achat français que l’ingéniosité de ceux qui refusent de rester à quai.
CHIFFRES CLÉS
- 21 % déclarent ne pas pouvoir voyager cet été
35 % fixent des limites de dépenses à l’avance avant de partir, les femmes se montrant encore plus disciplinées à 38 %
28 % budgétisent soigneusement leurs dépenses de vacances pour ne pas se mettre dans le rouge, une proportion qui monte à 35 % chez les 25-34 ans
76 % des voyageurs placent les retraits gratuits à l’étranger et l’absence de frais bancaires comme des facteurs importants en vacances ou en voyage.
Vacances 2026 : une France polarisée
Selon l’étude YouGov pour SumUp, près d’un Français sur trois (32 %) a reporté ou annulé ses vacances ou réduit ses sorties au restaurant en 2026 pour des raisons financières, signe d’un pouvoir d’achat toujours plus contraint. Une réalité qui, toutefois, ne touche pas les Français de manière uniforme.
Avec 21 % des Français en moyenne au niveau national déclarant ne pas pouvoir voyager du tout cet été, soit plus d’une personne sur cinq, les disparités apparaissent particulièrement marquées. Les femmes sont les plus impactées, alors que 26 % d’entre elles déclarent renoncer à partir, contre 16 % des hommes interrogés à cette occasion, synonyme d’inégalités économiques structurelles persistantes.
Seuls 13 % des 18-24 ans déclarent ne pas pouvoir partir cet été, contre 26 % des 55 ans et plus, tandis que les 25-34 ans et les 35-44 ans apparaissent relativement plus épargnés, avec 17 % dans chaque tranche d’âge.
Le clivage territorial est tout aussi frappant. À Paris, seuls 11 % des habitants déclarent ne pas pouvoir partir en vacances, contre 27 % dans le Nord-Ouest et 25 % dans le Nord-Est, dessinant une fracture territoriale assez nette.
L’été de la débrouille et des compromis pour partir quand même
Dans ce contexte, les Français redoublent d’ingéniosité pour se faire plaisir cet été, sans toutefois vivre au-dessus de leurs moyens. La génération des 25-34 ans incarne particulièrement bien cet état d’esprit de débrouille et d’adaptation. Ainsi, 27 % d’entre eux cherchent des revenus complémentaires pour financer leur été, 35 % définissent un budget précis afin de ne pas se mettre dans le rouge et 16 % réduisent leurs dépenses quotidiennes tout au long de l’année pour pouvoir s’offrir un grand voyage.
D’autres optent pour le compromis du séjour raccourci. Ainsi, 12 % des Français préfèrent voyager moins longtemps plutôt que de renoncer totalement, tandis que 18 % partent avec un budget réduit en chassant activement les bonnes affaires. En matière de recherche de bons plans, les 35-44 ans sont les plus actifs (22 %), illustrant une génération qui compose avec des contraintes financières fortes tout en refusant de renoncer aux vacances.
Au final, seuls 6 % des Français déclarent se sentir libres de dépenser sans compter cet été. Cette proportion atteint 10 % chez les 25-34 ans et 13 % à Paris, contre seulement 3 % dans la région Nord-Ouest. Les hommes sondés (8%) sont également deux fois plus nombreux que les femmes (4 %) à déclarer pouvoir dépenser librement pendant leurs vacances.
En voyage, les Français gardent la main sur leur budget
S’agissant de la gestion financière pendant les vacances, plusieurs profils se dessinent à l’instar des « planificateurs rigoureux », des « gestionnaires digitaux », des « compensateurs » et des « vacanciers hédonistes».
Une fois sur le chemin des vacances, les Français ne relâchent pas pour autant leur vigilance. Plus d’un tiers d’entre eux (35 %) fixent ainsi des limites de dépenses avant même le départ. Le Sud-Est apparaît comme la région la plus rigoureuse (40 %), à l’inverse de Paris (28 %), où les comportements se révèlent plus hédonistes. Les femmes sont également plus nombreuses que les hommes à anticiper leurs dépenses (38 % contre 31 %), tout comme les 55 ans et plus, tandis que les 25-34 ans sont les moins enclins à fixer un budget à l’avance (26 %).
Les aînés (les 55 ans et plus) sont par ailleurs 31 % à vérifier quotidiennement leurs dépenses pendant les vacances, une pratique encore plus répandue dans le Sud-Ouest où elle concerne 39 % des répondants, reflétant une gestion particulièrement prudente du budget voyage.
Enfin, lorsque les dépenses dépassent malgré tout le budget prévu, 22 % des Français adoptent une logique de compensation différée en réduisant leurs dépenses après les vacances. Cette stratégie est particulièrement répandue chez les 25-34 ans, dont 27 % déclarent y recourir.
Des Français connectés urbains et des 25-24 digital-first
Les solutions financières dédiées au voyage restent l’apanage des jeunes actifs et des urbains. Seuls 8 % des Français disposent d’un compte bancaire dédié à leurs vacances, mais cette proportion atteint 19 % chez les 25-34 ans, contre seulement 4 % chez les 55 ans et plus. Paris se distingue également avec 13 % de détenteurs d’un compte dédié, contre 4 % dans le Nord-Est.
En revanche, les attentes vis-à-vis des services financiers en voyage apparaissent particulièrement homogènes. Les retraits gratuits à l’étranger et l’absence de frais bancaires arrivent quasiment à égalité en tête des fonctionnalités importantes, cités respectivement par 76 % et 75 % des répondants, sans différence notable entre les femmes et les hommes. L’assurance voyage et santé complète le podium avec 68 % des suffrages, un score qui atteint 71 % chez les 35-44 ans, génération particulièrement concernée par les responsabilités familiales.
Les 25-34 ans apparaissent enfin comme le segment le plus exigeant sur l’ensemble des fonctionnalités liées aux paiements en voyage. En outre, 84 % d’entre eux plébiscitent la possibilité d’effectuer des paiements sans frais à l’international, tandis que 80 % jugent important de bénéficier d’une conversion automatique des devises au meilleur taux de change disponible. Des attentes qui illustrent leur volonté de disposer de solutions financières à la fois simples, transparentes et sans friction.
« L’été 2026 est un révélateur. Il montre que les Français n’ont pas abandonné l’idée de partir, mais qu’ils ont profondément changé la façon dont ils y arrivent, en épargnant davantage, en cherchant des revenus complémentaires, en fixant des règles strictes avant même d’avoir bouclé leurs valises. Ce que nous observons, c’est une génération qui prend le contrôle de son budget voyage avec des outils concrets comme les alertes, le suivi en temps réel ou l’absence de frais à l’étranger. La technologie financière ne doit pas promettre plus de liberté de dépense. Elle doit offrir plus de sérénité pour partir l’esprit tranquille. » Pierre Lion, Directeur Global des Ventes Entreprises, SumUp
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