À l’abri de la médina, ce palais du XVIIIᵉ siècle restauré propose une adresse confidentielle où traditions marocaines et influences libanaises s’entrelacent dans une atmosphère intime, lumineuse et profondément apaisante.
Un palais discret, où l’art de vivre marocain rencontre la chaleur de l’hospitalité libanaise, vient d’ouvrir ses portes.
Derrière les remparts ocres de la médina de Marrakech, une maison du XVIIIᵉ siècle a retrouvé tout son éclat au terme d’une rénovation minutieuse. Le Palais Beit Al Noor – La Maison de la Lumière – est né de la vision de ses propriétaires franco-libanais : un lieu où l’âme du Liban se mêle à l’art de vivre marocain, pour une expérience poétique et intime.
Cet hôtel confidentiel de douze chambres se situe dans le quartier de Zaouia El Abassia, l’un des replis les plus paisibles et spirituels de la médina de Marrakech, offrant un environnement authentique et préservé. L’arrivée se fait en douceur : un chauffeur privé accueille les hôtes dès l’aéroport et les conduit jusqu’à la porte même du palais – privilège rare et précieux au cœur de la médina.
On franchit le seuil du Palais Beit Al Noor comme on entre dans une oasis de sérénité. L’agitation de la ville s’efface aussitôt, cédant la place à la fraîcheur des patios, au murmure discret des fontaines et aux effluves entremêlés de jasmin, de rose, de cèdre et de musc. Ici, la lumière imprègne chaque pierre, chaque arabesque, chaque instant.
Trois patios, deux terrasses : espaces de vie et de lumière
Le palais se déploie autour de trois univers distincts, trois patios autour desquels se répartissent les douze chambres : la Medersa, cour sereine inspirée des anciennes écoles de savoir où règnent symétrie, lumière apaisante et un magnifique bassin en zellige vert ; le Berbère, au charme plus rustique, avec sa cour carrée ponctuée d’orangers et d’une fontaine en pierre ; et la Douheria, « petite maison » en dialecte marocain, qui s’organise autour d’un olivier majestueux.
Au dernier étage du palais, les terrasses ouvertes sur le ciel prolongent les espaces de vie, surplombant les toits de la médina. On y partage un petit-déjeuner, un thé à la menthe ou un dîner simple et chaleureux mêlant saveurs marocaines et libanaises.
La cuisine ouverte, où la cuisinière s’affaire, participe au charme du lieu, laissant filtrer parfums et éclats de vie. Réservé aux hôtes, le restaurant propose une cuisine familiale et saisonnière : tajines d’artichauts ou de coings, salades parfumées, grillades, classiques libanais revisités et douceurs sucrées.
Architecture et artisanat : une élégance intemporelle
Au Palais Beit Al Noor, l’artisanat est le fil conducteur. Chaque recoin révèle un savoir-faire transmis par les maîtres artisans, magnifié avec humilité et précision. Quelques touches libanaises se dévoilent discrètement : une porte ajourée, une fleur de lys glissée dans un motif de gebs, une nuance particulière de vert ou de rouge.
Le marbre habille l’ensemble du palais, notamment les sols en damier blanc et vert. Les carreaux de ciment, fabriqués avec des pigments naturels et inspirés des anciennes maisons libanaises, ornent quant à eux les sols des chambres. Les zelliges fassis tiennent une place d’honneur dans le palais. Taillés et assemblés à la main, leurs croisillons rouge bordeaux, blancs et verts apportent une véritable profondeur visuelle.
Le gebs, sculpture de plâtre, constitue l’une des signatures de la maison : quinze artisans ont travaillé pendant neuf mois pour sculpter arcs et encadrements avec une finesse proche de la dentelle. Les plafonds en bois, peints selon l’art du zouak, mêlent couleurs vives, trames géométriques et arabesques tracées à la main. La ferronnerie crée enfin un lien entre les deux cultures : la rampe de l’escalier de la Medersa reprend un motif libanais, entièrement façonné par des artisans marocains.
Les chambres : douze voix libanaises
Les douze chambres du Palais Beit Al Noor, dont quatre suites, portent chacune le nom d’une voix emblématique du Liban. Les surfaces varient de 17 m² à 67 m², chacune avec son caractère propre.
La Suite Fairuz, la plus vaste, se distingue par une grande terrasse privée baignée de lumière, bordée d’un mur végétal et de roses, tandis que la Suite Majida El Roumi se caractérise par sa mezzanine de 12 m².
Chaque chambre, intime ou spacieuse, est pensée comme un hommage sensible à l’artiste dont elle porte le nom.
Les propriétaires : un rêve partagé
Joëlle et Nicolas Delsuc, couple franco-libanais épris de beauté et de transmission, ont été séduits par l’énergie vibrante de Marrakech et par le mélange unique de traditions anciennes et de rythmes contemporains.
Le Palais Beit Al Noor n’est pas un hôtel. C’est un Beit, un vrai « chez-soi ».
« Là où les pas que l’on ne choisit pas mènent à la maison », aiment-ils dire, rappelant que certaines rencontres dépassent le hasard pour devenir des évidences.
