Ski-Mojo : l’exosquelette qui prolonge la vie des skieurs. Une frustration à l’origine d’une innovation
L’histoire du Ski-Mojo commence par une réalité très simple : celle de la fatigue. Owen Eastwood, ingénieur britannique, découvre le ski après 50 ans. Rapidement, l’enthousiasme des premières descentes laisse place à une limite bien connue des pratiquants tardifs : les cuisses brûlent, les jambes lâchent, la journée s’écourte.
Plutôt que d’y voir une fatalité liée à l’âge ou au manque d’entraînement, il se pose une question d’ingénieur : comment réduire la charge qui pèse sur les jambes sans altérer le geste du ski ? Au début des années 2000, les technologies d’exosquelettes en sont à leurs balbutiements. L’idée n’est pas de remplacer le muscle, mais de l’assister. D’accompagner le mouvement, de redistribuer les efforts, d’absorber une partie des contraintes liées aux flexions répétées.
Il faudra près de dix ans de recherche, d’essais et de prototypes pour aboutir à un dispositif fiable, simple et robuste, capable d’affronter les conditions réelles des pistes. Les tests menés par d’autres skieurs révéleront toute l’ampleur des bénéfices : au-delà du soulagement musculaire, le système réduit les chocs et vibrations transmis aux genoux, aux hanches et au dos. En diminuant les contraintes mécaniques, il permet de skier plus longtemps, avec davantage de confort et de sérénité.
Une innovation qui change concrètement l’expérience sur neige
Le Ski-Mojo est un exosquelette 100 % mécanique. Sans batterie ni électronique. Sa fonction : redistribuer les efforts et absorber une partie des chocs liés à la pratique du ski.
Concrètement, il transfère une partie du poids du corps du bassin vers le sol, en s’appuyant sur la rigidité des chaussures. Selon le réglage et la morphologie, cela peut représenter plusieurs dizaines de kilos de charge en moins ressentis par les jambes.
Sur le terrain, les effets sont immédiats :
Fatigue nettement retardée : la brûlure des cuisses apparaît bien plus tard. Le skieur enchaîne les descentes avec plus de constance. Or la fatigue est l’un des premiers facteurs d’accident en fin de journée. Moins de fatigue, c’est aussi plus de sécurité.
Soulagement articulaire : la diminution des charges et des chocs préserve genoux, hanches et dos, et réduit fortement les douleurs existantes.
Meilleur contact ski-neige : l’exosquelette accompagne la flexion et favorise un appui plus régulier. Les trajectoires gagnent en stabilité, le contrôle s’améliore, notamment sur terrain exigeant ou en fin de journée.
Résultat : un skieur moins fatigué, plus lucide, plus précis. Il peut parcourir davantage de kilomètres, travailler sa technique, conserver une glisse propre et maîtrisée. Beaucoup résument l’expérience par une formule révélatrice : « J’ai retrouvé les jambes que j’avais il y a vingt ans. »
Prévention et santé : bien plus qu’un confort
À qui s’adresse le Ski-Mojo ? À tous les passionnés qui veulent durer.
On pourrait le comparer au vélo électrique – à la différence qu’il est entièrement mécanique. Il ne remplace pas l’effort, il l’optimise.
Plusieurs profils y trouvent un intérêt particulier :
Les skieurs en reprise et les plus de 40 ans, qui retrouvent endurance et régularité sans subir l’épuisement musculaire en fin de journée.
Les pratiquants souffrant de fragilités articulaires (lésions ligamentaires anciennes, ménisques fragilisés, arthrose, douleurs lombaires). En réduisant les contraintes mécaniques, le dispositif agit à la source des douleurs plutôt que de les masquer.
Les professionnels de la montagne – moniteurs, pisteurs, guides – qui l’utilisent à titre préventif pour limiter la fatigue chronique et ralentir l’usure liée à une pratique quotidienne. Certains y voient aussi un moyen de réduire le recours aux anti-inflammatoires ou de prolonger la durée de vie d’une prothèse.
Les skieurs sans pathologie particulière, qui souhaitent simplement gagner en endurance, en puissance ressentie et en régularité technique.
Le Ski-Mojo ne soigne pas. Il agit en amont. En réduisant charges, chocs et vibrations, il contribue à préserver le « capital genoux » sur le long terme — tout en diminuant, voire en faisant disparaître, certaines douleurs déjà installées.
Des retours massivement positifs… et quelques idées reçues
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur près de 40 000 utilisateurs, plus de 97 % se déclarent « bluffés » après quelques descentes. En magasin, plus de 90 % des essais débouchent sur un achat.
Pourtant, deux freins persistent.
« Je ne suis pas encore assez vieux. »
« Je n’ai pas encore mal aux genoux. »
Le produit reste parfois perçu comme un dispositif médical. Il ne l’est pas. Beaucoup de skieurs qui hésitent possèdent déjà un vélo électrique dont ils ne se passeraient plus. La logique est comparable : plus d’endurance, plus de confort, sans trahir les sensations.
Attendre l’apparition de douleurs chroniques pour s’équiper est un paradoxe. En réduisant les contraintes articulaires, le Ski-Mojo s’inscrit justement dans une logique préventive. Et dans la grande majorité des cas, l’essai suffit à faire tomber les réticences.
Un modèle de distribution ancré dans les stations
Le Ski-Mojo est distribué à 95 % via un réseau de magasins de ski en station. Un choix stratégique : le dispositif nécessite un réglage précis, adapté à la morphologie et à la pratique de chacun.
L’essai en conditions réelles est central. Souvent proposé à la location pour environ 50 € la journée — somme déduite en cas d’achat — il constitue un puissant levier de conversion.
Le réseau a été structuré en propre en France et en Suisse. À l’international (Europe, Asie, Australie), la marque s’appuie sur des agents et importateurs locaux. Aujourd’hui, les ventes sont réparties à parts égales entre la France et l’export, signe d’un marché domestique mature et d’un fort potentiel international.
Un levier pour l’avenir de l’industrie du ski
Le ski fait face à une érosion progressive du nombre de pratiquants. La durée moyenne de pratique s’étend sur environ quarante ans, avec un pic entre 30 et 45 ans. Passé 60 ans, beaucoup réduisent ou cessent leur activité.
Trois leviers existent : former les jeunes, attirer une clientèle internationale… et permettre aux skieurs expérimentés de rester plus longtemps sur les pistes.
Le ski est un sport de tribu. Souvent, un parent ou un grand-parent joue le rôle moteur. Lorsqu’il renonce, c’est parfois toute la famille qui décroche.
En prolongeant la pratique des 40 ans et plus, le Ski-Mojo contribue à maintenir ces figures motrices sur les pistes. Au-delà du confort individuel, c’est la transmission intergénérationnelle et, indirectement, l’économie des stations qui sont soutenues.
Une fabrication relocalisée en montagne
En 2021, la production a été relocalisée au cœur des Alpes françaises, après plusieurs années en Grande-Bretagne. L’assemblage est aujourd’hui réalisé dans deux ESAT, à Lumbin (Isère) et à Crans-Gevrier (Haute-Savoie). La majorité des composants provient de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Un choix cohérent pour un produit destiné à la montagne : limiter les transports, maîtriser la qualité, soutenir un tissu industriel local.
Entièrement mécanique, sans batterie ni électronique, le Ski-Mojo est conçu pour durer et être réparable. Sa longévité dépasse souvent celle d’une paire de skis ou de chaussures. Ici, la responsabilité environnementale passe par la robustesse et la réparabilité autant que par la localisation.
Repères clés
Commercialisé depuis 2014
Près de 550 revendeurs dans le monde
35 % de croissance annuelle
40 000 utilisateurs, dont près de 1 000 moniteurs
Objectif 2025-2026 : 10 000 unités vendues
