PEGASUS AIRLINES : 10 ans de ‘Success Story ‘

En 1990, le Paysage Aéronautique Turc, voit s’ajouter une nouvelle compagnie aérienne, nommée Pegasus qui va opérer des vols charter uniquement.

Par Richard Bayon

La Turquie d’alors est en train de devenir, lentement mais sûrement, une des valeurs sûres des ‘bronzodromes’ du Bassin Méditerranéen. Elle est d’ailleurs, aujourd’hui, dans le top 5 aux côtés de l’Espagne, de l’Italie, de la Grèce et de la Croatie. Des pays, où les séjours « all inclusive » se disputent la vedette avec les séjours découvertes, individuels, et à la carte.
En 2005, soit 15 ans après de bons et loyaux services dans les vols vacances, Pegasus Airlines devient une compagnie aérienne régulière, avec pour modèle économique le concept des low-cost. Un outsider du transport aérien est alors en train de naître et va connaître une belle et fulgurante croissance.

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Aujourd’hui, en 2015, 10 ans après le début de sa nouvelle ère, Pegasus Airlines aligne des chiffres à faire pâlir de jalousie ses concurrents Turcs et Européens. Son hub (ou plate forme de correspondance en français : ndlr), qui n’est en principe pas l’apanage des compagnies aériennes low cost, qui privilégient les liaisons de point à point, son ‘hub’ donc, est situé dans l’Istanbul Asiatique. L’aéroport de Sabiha Gökcen (SAW pour les intimes) se situe à 45km à l’Est de l’hyper centre d’Istanbul. C’est actuellement le second aéroport d’Istanbul, tant en termes de résultats passagers (23 millions en 2014) que de mouvements d’avions.

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Il faut dire que la mégalopole d’Istanbul est forte de 15 millions d’habitants. D’ailleurs, un troisième aéroport est en construction au Nord-Est de l’actuel aéroport International d’Attaturk (côté Europe) qui est surtout celui de Turkish Airlines, l’opérateur historique de la Turquie, qui capte 50% de la clientèle sur les vols domestiques.
Cependant, en à peine 10 ans, Pegasus est bien la deuxième compagnie aérienne du pays avec 28% de parts de marché sur les vols domestiques.
De 14 avions, elle est passée à 65 aujourd’hui (9 Airbus A320-200 et 56 Boeing 737-800), une flotte qui a 5ans d’âge en moyenne, et 100 Airbus A 320neo sont en commande. Ce changement d’avions, pour des modules plus récents, et donc de constructeur, va générer des économies de carburant de l’ordre de 40 à 45% sur l’ensemble de la flotte. Il y a dix ans, Pegasus transportait 1,9 millions de passagers, aujourd’hui c’est plus de 19 millions de clients pour 5008 vols/semaine, alors qu’il n’y avait que 112 vols/semaine, il y a dix ans en arrière. Il existait seulement 6 destinations en 2005, aujourd’hui en 2015, elles sont au nombre de 92 avec 37 pays desservis, 31 sont des vols domestiques et 61 des vols internationaux. En dix ans, Pegasus a transporté plus de 103M de passagers. Des passagers qui pour 25% d’entre eux ont payé un billet en moyenne autour de 16,50€, alors que 70% voyageaient avec un billet qui leur coutait 33,00€ en moyenne.

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Car la force de Pegasus, comme bon nombre de ses congénères low-cost c’est d’avoir su développer toute une gamme de produits auxiliaires et dérivés. On dénombre un total de 16 produits annexes, permettant à Pegasus d’augmenter la recette moyenne induite par passager. Cela va du vol avec un forfait séjour complet comprenant vols, hôtel et restaurant, en passant par un service d’assistance aux visas, la location de voitures, les transferts aéroports – centre villes avec navette ou limousine Vip, ou bien encore l’excédent bagage, les parkings autos aux aérogares à tarifs négociés, ou encore l’accès aux salons d’aéroports. Une gamme de 16 produits qui augmentent d’autant le ticket moyen perçu pour chaque passager. Une notion de service qui ferait presque douter du modèle économique low cost de base de la Compagnie Pegasus. Parce qu’elle a tout d’une Grande la Compagnie Aérienne Pegasus : Flotte récente, plate forme de correspondance (hub), aéroport quasiment dédié, où elle est le principal opérateur avec 60% des vols domestiques assurés seulement par elle depuis SAW (aéroport de Sabiha Gokcen).

20100315 Pegasus YL960 3212 Airlines Take off, Landing, and Taxi

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Aussi, il faut savoir que si Istanbul est sa principale base : Pegasus Airlines dispose aussi de bases secondaires à Izmir, à Antalya (sur la Rivière Turque), à Adana dans l’extrême Sud Est du pays, et à Chypre Nord. Des bases qui permettent de ventiler la flotte actuelle des 65 avions, et qui expliquent que 60% des passagers arrivant à Istanbul sont en transit vers une autre destination finale de la Compagnie Pegasus. Précisons aussi que 64 % des passagers volent vers une destination à l’International, qu’ils soient en transit ou au départ des bases de Pegasus.
Aussi, forte de ce constat Pegasus Airlines a commencé à décliner sa marque à l’étranger, en rachetant 49% des parts de la Compagnie Aérienne Air Manas (Kirghizistan) et créant ainsi une filiale et une marque : Pegasus Asia, avec deux avions seulement pour l’instant, mais l’assurance d’un aéroport stratégiquement bien placé que celui de Bishkek, la capitale du Kirghizistan. Un aéroport qui pourrait, à prendre au conditionnel, constituer une étape de correspondance pour des vols vers l’Asie du Sud Est ou plus loin encore. A méditer !!

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En attendant Pegasus Airlines, souhaite continuer l’expansion et le développement de son réseau en lorgnant très fort sur l’Afrique du Nord, le Moyen Orient, et bien entendu avec Pegasus Asia, vers l’Asie Centrale. L’Europe de l’est est aussi en ligne de mire, et de nouvelles escales françaises intéressent fortement Pegasus, comme Toulouse et Nantes.
Ainsi avec 100 Airbus A 320NEO commandés (75 fermes et 25 en option), Pegasus se dote du meilleur des vecteurs passagers à venir sur le marché. Les premières livraisons démarreront en 2016, en principe, sauf retard, et s’étaleront jusqu’en 2022.
Entre temps, le nouvel Aéroport d’Istanbul sera prêt en 2018 avec ses six pistes prévues. Pegasus Airlines n’exclut pas d’y jouer un rôle, ce qui la placerait des deux côtés du détroit du Bosphore pour la desserte de la Mégalopole d’Istanbul.

Avec 21 Millions de passagers prévus pour cette année 2015 (+ 5,3%), la success story made in Pegasus continue.

 

À propos de l'auteur

Richard BAYON est un Parisien émigré en Touraine, qui a vécu tantôt dans la capitale, tantôt dans la cité Tourangelle. Parfois, il dit vivre entre Seine et Loire, mais c’est bel et bien au bord du fleuve classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité (‘World Heritage’ en anglais) qu’il vit, et même très exactement à 150m de l’indomptable Loire.Atteint d’une maladie incurable appelée ‘la bougeotte’ ou ‘la voyagite aigue’, il totalise 107 nations, pays et autres terres éloignées au compteur. Des pays, où il a séjourné de quelques heures à plusieurs mois, dont certains états où il a eu l’occasion d’y passer et repasser plus de 40 fois.Affublé par un confrère Grand Reporter du joli sobriquet de ‘Morpion de Carlingue’ parce que passionné d’aviation commerciale, et de transport aérien en général, il prétend avoir pris l’avion près de deux mille fois sur les cinq continents mais s’impatiente d’avoir encore tant de choses à voir.Sur sa réussite, l’homme est très critique, mais aussi réaliste : ‘je ne sais pas, ou n’ai pas fait un milliard de choses, que tout un chacun sait, connaît, ou a fait ; mais j’ai fait, vu et rencontré un milliard de choses que beaucoup ne verront sans doute jamais.Au chapitre des prétentions, il en affiche deux sans vergogne : avoir un sens de l’orientation, donc de la géographie du monde, hors du commun, vraiment hors du commun (il prétend aller plus vite que n’importe quel GPS : ndlr) et parle sept langues quasi couramment et peut se faire comprendre dans cinq autres.Question destinations ou pays préférés, sept paysages lui viennent de suite à l’esprit : le Vert de l’Ouest Irlandais, les Fjords Norvégiens, le Bleu et Blanc des îles Grecques, les Cirques de la Réunion, les Dunes de Sable du Ténéré, les Icebergs du Groenland, et les Rues pleines de vie de Bangkok en Thaïlande.Ainsi de toutes ses pérégrinations : il sait que cinq choses le fascinent plus que tout: l’Immensité des Déserts, l’Inaccessible des Volcans, l’Intensité des Glaciers et des Icebergs, le‘Haka’ des All Blacks et la Force Tranquille des Eléphants.De Queenstown en Nouvelle Zélande jusqu’à Illulissat au Groenland et de Johannesburg à Bangkok, il a roulé sa bosse, lui prétend surtout qu’il a ouvert ses yeux, et que ses voyages, tous ses voyages c’est son université permanente.http://www.infotravel.fr/voyages-insolites/compagnie-volotea-deploie-ailes/

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