A la recherche des énergies célestes du Machu Picchu

Machu Picchu. Les conquistadores espagnols, Francisco Pizarro en tête, ne l’ont jamais trouvé. En revanche, l’historien américain Hiram Bingham l’a déniché en 1911 et l’a révélé au monde.

 

La plus célèbre de toutes les cités Incas a fêté en juillet dernier les cent ans de sa découverte. Depuis, la fréquentation du Machu Picchu va crescendo. En l’explorant dans tous les sens, on comprend pourquoi le site fondé au XVe siècle sous le règne de l’empereur Pachacutec s’affirme comme le joyau du tourisme Péruvien. Encore faut-il la bonne méthode pour l’atteindre !

On peut faire un aller-retour journée depuis Cuzco situé à quelque 100 kilomètres du Machu Picchu. Mais est-ce bien raisonnable pour une visite qui mérite largement la journée ? On peut aussi se glisser dans la peau d’Indiana Jones et arpenter deux jours durant, voire plus, le fabuleux chemin des Incas. Tracé dans la jungle, entre cols vertigineux culminant à 4190 m, torrents tumultueux et sites archéologiques, ce sentier procure bien des frissons et conduit directement à l’une des portes de l’ancienne cité perdue posée à « seulement » à 2 430 mètres d’altitude. L’autre solution est de séjourner à Aguas Calientes. Coincée entre les flancs vertigineux des montagnes moulées dans la selve amazonienne, le village vit exclusivement du tourisme. Hôtels, restaurants, bars, marché artisanal coloré et en maisons à demi finies…C’est de là, que les bus tournent en boucle de 5h30 à 17h30 pour transporter leurs flots de passagers 400 mètres plus haut dans le saint des saints.

Impossible d’acheter son billet d’entrée sur le site
Après vingt minutes d’un trajet de 10 kilomètres en lacets collés serrés au creux de la jungle, nous y voilà. Enfin presque. Un hôtel grand luxe, Machu Picchu Sanctuary Lodge, le seul sur le site, dresse sa façade à deux pas de l’esplanade où stoppent les bus. À droite, les toilettes, la bagagerie où déposer ses objets superflus ou interdits. Et la terrasse du bar qui aligne ses parasols raccord avec la végétation. À gauche, un centre médical rassurant avant d’atteindre en quelques marches le contrôle des billets. Attention, ici point de guichet pour acquérir le précieux viatique. Son ticket, il faudra l’avoir en poche. Acheté à Aguas Calientes ou ailleurs, voire sur Internet. Il est prudent de s’y prendre à l’avance. Depuis juillet dernier le nombre d’entrées géré par informatique est bloqué à 2500 visiteurs par jour. Ce chiffre pourrait amorcer une sérieuse décrue. L’Unesco, gardien du temple depuis qu’il a inscrit – en 1987- le chef d’œuvre au patrimoine mondial de l’humanité, conseille un maximum de 1800 visiteurs journalier. Dur, dur, pour un site désignée depuis 2007 « l’une des sept nouvelles merveilles du monde » !
À l’entrée, le sas étroit filtre sans faillir les visiteurs. Ça parle toutes les langues de la terre dans une ambiance bon enfant.
Premiers pas sur une terrasse plaquée contre la paroi de la montagne vert émeraude. L’émotion grandit. Derrière un mur de pierre taillé au cordeau, trois maisons posées sur une terrasse se découpent. Celle du gardien a retrouvé le toit de chaume de ses origines lorsque l’empereur Inca Pachacutec décida en l’an 1440 d’édifier la cité. Encore une envolée d’escaliers et voilà que sous un ciel sans nuages, le site se révèle. Grandiose et si familier. L’image de carte postale, avec en l’arrière-plan ce pic qui culmine à 2667 mètres d’altitude ; l’Huayna Picchu (jeune montagne en quechua) veille sur la cité perdue lovée à ses pieds.

Des tailleurs de pierres inégalés
Sur un périmètre de 530 mètres de long sur 200 mètres de large, une ville qui fait la part belle à une cascade de larges terrasses autrefois cultivées et aujourd’hui engazonnées. Régal de placides lamas réintroduits précisément pour servir de tondeuse à gazon ! Des fontaines s’affirment comme l’héritage d’un système de canalisation qui distribuait l’eau dans toute la cité. Des quartiers bien identifiés se dessinent, quartier résidentiel, quartier des artisans… Maisons, tombes, tombeau royal, temples, palais, observatoire astronomique, autels sacrificiels, miroirs solaires, … Tout témoigne d’un savoir faire époustouflant dans l’art de construire. Les pierres sont si parfaitement taillées que l’on ne peut glisser ne serait ce qu’une une carte bancaire entre deux blocs.
Un poème de Pablo Neruda revient en mémoire. « Machu Picchu, est un voyage à la sérénité de l’âme, à la fusion éternelle avec le cosmos là-bas nous sentons notre propre fragilité (….). Un havre de papillons à l’épicentre du grand cercle de la vie. Un miracle de plus ». Cherchant à capter l’énergie céleste, des visiteurs posent leurs mains contre l’« Intihuatana » une pierre aussi énigmatique que l’origine du site. Lieu de résidence pour les notables ? Forteresse de repli stratégique ? Sanctuaire sacré ? Les scientifiques n’ont pas tranché.
Demeure la magie d’un lieu d’où l’on repart forcément ni plus tout à fait le même. Ni tout à fait un autre.

Julie Olivier

Pratique
Y aller
Par train
Depuis Cuzco par les gares de Poray -la plus proche- ou d’Ollantaytambo ( à quelque 70 km). Trois compagnies ferroviaires assurent le trajet jusqu’à Aguas Calientes en trois ou quatre heures. Perou Rail offre le plus large choix de train. Backpacker ou Expedition, Vistadome, Hiram Bingham…
www.perurail.com
www.incarail.com.pe
www.machupicchutrain.com

Où dormir
Voisin de la cité perdue des Incas
– Machu Picchu Sanctuary Lodge, le seul hôtel sur le site possède le luxe du groupe auquel il est rattaché, Orient Express. À partir de 780 € la chambre double.
www.sanctuarylodge.net

À Agra Calientes :

– Inkaterra Machu Picchu Pueblo Hotel, un eden vert de 85 casitas fondues dans la végétation et des collections uniques d’orchidées. Travel Leisure l’a élu en 2011 meilleur hôtel du Pérou, 3e en Amérique Latine et 41e au monde.
Tarif : à partir 173 euros la chambre double
www.inkaterra.com

Sumaq Machu Picchu Hotel : architecture de pierres et de bois, accueil friendly, table savoureuse, beau spa. Jusqu’en décembre exposition exceptionnelle de photos prêtées par National Geographic sur le Machu Picchu tel qu’il fut découvert en 1911 par Hiram Bingham
Tarif : à partir de 303 euros
www.machupicchuhotels-sumaq.com

Accès au site, de 6h à 17 h : vente de billets électroniques sur www.machupicchu.gob.pe : 36 € ou si vous souhaitez également monter au sommet de l’Huayana Picchu ( 45 mn à 1h30 de marche), 40 € mais la réservation est indispensable car le nombre d’entrées est bloqué à 400 personnes par jour.

Trajet Aguas Calientes- Machu Picchu : 11 € aller-retour en bus. Gratuit en empruntant un escalier qui coupe dans la forêt ; prévoir entre 35 minutes et 1 heure de marche selon vos capacités.


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