Tanger, ville sous influences

C’est la grande cité littéraire du Royaume. Celle qui a fait tourner sans autre forme de procès, les sens de Paul Bowles ou ceux de Jean Genet. Si la ville du nord du Maroc enclenche aujourd’hui sa lente reconversion dans un présent plus moderne, l’âme poétique de Tanger demeure. Petite promenade entre deux eaux…

Phare Spartel

Il faut dire que malgré les apparences, Tanger aura vécu tant de choses… Byzantine puis berbère, la ville passe dans les mains portugaises en 1471 pour être finalement offerte, près de deux siècles plus tard, aux Anglais. Mais c’est la fin du XIXème siècle qui portera Tanger à son point culminant. Objets des convoitises françaises, espagnoles, portugaises, allemandes, anglaises et américaines, elle devient finalement Capitale Diplomatique au début du XXIème siècle, grâce à un Statut International octroyé en 1925, qui fera d’elle une véritable forteresse de diplomates, bandits et autres espions.
La ville se nourrit alors de tout pour devenir un creuset frénétique de cultures. Ecrivains, artistes en tous genres, s’y précipitent pour vivre leurs grands frissons. Un frisson qui malheureusement s’estompe pour enfin disparaitre au début des années 70 et de laisser la ville polyglotte dans un état de délabrement un peu triste. De ville en vogue, Tanger est alors devenu un gourbi passé et dépassé, refuge de proscrits et d’exilés, qui n’offre pour seul attrait que quelques bâtisses que le passé lui a laissé dans sa fuite.

 

Cinéma Riff

Mais voilà que la vogue du Maroc reprend de plus belle et à Tanger de récupérer enfin un engouement bien mérité. Ce seront sans doute les années 2000 qui marqueront définitivement son retour sur la carte des destinations touristiques en vue.
Armée de son passé trouble et romanesque, renforcée par quelques adresses alléchantes et branchées, les visiteurs (re)découvrent une ville où se mélangent délicieusement toutes les influences. Coincé dans les ruelles de sa vieille médina ou ses anciens quartiers coloniaux, on déambule du célèbre Café Hafa (Les Beatles, les Rolling Stones, William S. Burroughs… sont tous passés par cette adresse devenue mythique) jusqu’à la Librairie des Colonnes (propriété de Pierre Bergé) dans le bruit assourdissant d’une foule vaquant à ses occupations mercantiles. Sur le chemin, l’on croise le splendide cinéma Art-Déco, Le Rif, récemment rénové, le quartier du Grand Socco et les immuables Grand Café de Paris et Café Central, plus loin, Majid et son dédale de galeries emplies d’objets anciens de décoration, la sublime boutiques Bleu de Fès et ses tapis venus de toute l’Afrique ou encore la délicieuse sélection d’objets et prêt-à-porter de chez Laure Welfling … Et autour les bazars qui grouillent de produits venus des pays du sud ou de l’Asie, et de quelques objets encore fabriqués ici.
Tanger est tout cela et encore plus pour celui qui poussera plus loin la gourmandise… tandis que les grues continuent au loin, d’œuvrer pour compléter les travaux de développement du plus grand port de plaisance du pays, commande du Roi Mohammed VI, et que le front de mer poursuit son travail de réhabilitation. Et à Tanger d’entrer imperturbablement dans son XXIème siècle.CARNET D’ADRESSES

Dormir
Nord-Pinus Tanger Hotel & Restaurant, www.nord-pinus-tanger.com
Dar Nour, www.darnour.com
Dar Sultan, www.darsultan.com
Villa Joséphine, www.villajosephine-tanger.com

Shopping
Galerie Tindouf, www.gallerytindouf.com
Boutique Majid, 66, rue des Almouhades.
Boutique Laure Welfling, 3, place de la Kasbah.
Bleu de Fes, www.bleudefes.com

Manger
Restaurant le Birdie, Royal Country Golf Club de Tanger, Route de Boubana.
Restaurant Hamadi, Rue de la Kasbah.
Restaurant Saveur de Poisson, 2 Escalier Waller.
El Morocco Club, Place du Tabor

Se rendre à Tanger…
Vols réguliers sur la compagnie aérienne Transavia, trois vols par semaine, les mercredi, jeudi et dimanche, toute l’année. Prix à partir de 65 euros aller simple. Plus d’informations sur www.transavia.com

À propos de l'auteur

Spécialisée dans les domaines du voyage, design, architecture et art de vivre, Fabienne passe le plus clair de son temps à parcourir le monde, entre aventures sur de longues routes poussiéreuses et le confort raffiné de quelques adresses confidentielles. Ses armes ? La littérature européenne du XIXème siècle, des écrits sur l’art et les voyageurs, mais aussi quelques publications de géopolitique… Son moteur? Une inlassable curiosité qui lui permet de renouveler ses sources d’inspiration.
Après dix années passées à Londres, Fabienne vit aujourd’hui à Paris.

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